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LES CENTRES URBAINS

Au Mexique, les centres urbains s'augmentent aussi au détriment des campagnes, mais d'une façon moins inquiétante qu'en Europe. Et cela nous amène à parler de la capitale et des villes.

Le recensement de 1900 accuse, pour Mexico, 368777 habitants, contre 331781, en 1895, soit, en cinq ans, une augmentation de 37000 âmes (1).

Toutefois, dans le district fédéral, les recenseurs ont opéré plus défectueusement encore que dans les Etats. Et on a signalé, tant dans les huit quartiers de la capitale que dans ses environs, des omissions innombrables, commises par un service inexpérimenté et ne disposant pas de moyens suffisants.

Aux non-recensés, en 1900, il convient d'ajouter l'augmentation des années 1901 et 1902, et, aussi, la population des communes adjacentes : Tacubaya, Guadalupe Hidalgo, etc., véritables faubourgs. On totalise ainsi, en 1902, 450000 âmes, pour l'agglomération de Mexico.

Par son grand rôle historique, au temps de l'Empire aztèque et de la domination espagnole, son heureuse situation géographique et sa population relativement élevée, Mexico, foyer de civilisation, embellie et assainie, est une capitale dans toute l'acception du mot. On y sent battre le cœur de la nation. Ce n'est point une parvenue, telles : Berlin, que des cités allemandes plus glorieuses envient; Saint-Pétersbourg, que Moscou, plus ancienne et moins excentrique, jalouse; Madrid, que Barcelone menace; Lima, contre laquelle Cuzco peut réclamer. Non, c'est une ville au passé illustre, habituée à commander, à l'exemple de Paris, Vienne, Rome, Athènes, et devant laquelle tous s'inclinent. Malgré cela, Mexico

(1) Les limites actuelles de Mexico ont été fixées par décret du 28 juillet 1899.

n'absorbe pas le pays, comme Sydney et Melbourne, en Australie, et Buenos Aires, en Argentine, têtes de géants sur des corps malingres. Au contraire, d'autres cités lui font équilibre.

Ainsi, Guadalajara, Puebla, Léon et Monterey sont des agglomérations de 100000 âmes. — Cette dernière s'est grandement développée depuis quelque temps. — Guanajuato, Lagos, Aguascalientes, Morelia, Silao, Queretaro, Zacatccas, Durango et San Luis Potosi se maintiennent au rang secondaire. Saitillo, Chihuahua, Toluca, et Pachuca acquièrent de l'importance. Orizaba , à cause des entreprises industrielles qui s'y installent, a vu sa population dépasser 50000 habitants (1). Acaponeta, Cuernavaca, Jalapa, Cordoba, et d'autres, grandissent silencieusement, grâce à la production agricole de leurs régions. Quelques-unes, comme Merida, ayant périclité, se relèvent avec éclat (2).

Donc, les villes mexicaines, sans rivaliser avec la capitale, rayonnent utilement sur le territoire.

La capitale compte dans son sein, des " colonies ' provenant de tous les États de la Fédération. Naturellement, les " colonies " des Ktats les plus voisins sont les plus nombreuses. Par contre, les liabitantsde la capitale essaiment sur quantité de points du territoire national. On retrouve des gens, nés à Mexico, fonctionnaires, commerçants, artisans, etc., jusque dans les localités de la frontière. Cet échange de sang entre capitale et provinces est l'indice d'une bonne circulation et a des effets excellents.

(1) Dans les environs d'Orizaba, à un endroit appelé Rio Blanco, une compagnie d'industriels français a monté récemment une des pins belles usines du monde, dotée d'un outillage perfectionné et mue par l'électricité, pour la fabrication des étoffes de coton. Un bourg, de plusieurs milliers d'âmes, a surgi auprès de l'usine.

(2) Merida, par suite de la prospérité du Yucatan, pros])érilé due à la hausse persistante du henequen, compte mainlrnant, avec ses faubourgs, 60 000 habitants.

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