‹ Le Mexique au début du 20e siècle (volume 2)Chapitre 23 sur 65 · LÉGITIMES · texte numérisé non relu

LÉGITIMES

ILLEGITIMES

D'après le tableau ci-dessus, l'autorité civile a enregistré, en 1899, 290432 naissances légitimes, et 214770 illégitimes, soit au total 502202. La proportion des enfants naturels paraît donc excessivement élevée. Cependant, cette proportion ne doit pas être attribuée à l'immoralité, mais plutôt à ce fait : l'autorité civile ne veut reconnaître que les mariages contractés devant les magistrats, tandis que quantité de gens se contentent de la cérémonie religieuse. Et il en sera toujours de même tant que le clergé mexicain, avant d'accorder la bénédiction nuptiale, n'exigera pas un bulletin prouvant l'accomplissement du mariage civil.

Déjà deux prélats éclairés, don Pedro Loza, archevêque de Guadalajara, et don Eulogio Guillovk', archevêque d'Antequera (1),

(1) Antequera est l'ancien nom donné, sous le régime colonial, à Oaxaca, en souvenir d'une ville d'Andalousie, et conservé par l'Église romaine.

ont ordonné à leurs prêtres de ne plus unir de fidèles sans avoir la preuve authentique que le mariage civil avait été effectué au préalable, et cela, disaient-ils, afin de prévenir la bigamie et de protéger la morale. Malheureusement, ces sages prescriptions n'ont pas été répétées dans les autres diocèses.

Relativement aux mariages civils, on en a enregistré 59959 en 1899. Les unions purement religieuses n'ont pas été relevées.

Du tableau précédent, qui exprimerait le mouvement démographique mexicain, de i895 à 1899 inclus, il ressort que le chiffre des décès serait supérieur de plus de 107000 à celui des naissances. Or cela est contraire aux faits et en contradiction avec les résultats du recensement général, lequel, pour la même période, porte un accroissement de la population à près d'un million d'habitants, accroissement dû à l'excédent des naissances sur les décès, puisque les étrangers n'entrent guère en ligne de compte.

Toutefois, l'anomalie s'évanouit devant la constatation que, si les Indiens ont recours à l'autorité pour enterrer leurs morts, ils négligent trop souvent de l'informer des naissances (1). Cette fâcheuse coutume remonte aux temps coloniaux, et ne disparaîtra qu'après une entente entre le clergé et le pouvoir fédéral. L'administration du baptême et la déclaration de naissance à l'état civil ne sont nullement incompatibles.

En somme, les chiffres de détail fournis inspirent plutôt la méfiance, et, de plus, il y a défaut d'accord entre les deux autorités, civile et religieuse; celles-ci, au lieu de travailler en commun pour le bien public, affectent de s'ignorer et engendrent un désordre, qui attriste les démographes.

|1) Auguste G^MR.

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