‹ Le Mexique au début du 20e siècle (volume 2)Chapitre 3 sur 65 · Cité par Al. de Hu.mboldt. Op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

Cité par Al. de Hu.mboldt. Op. cit., t. I, p

et surtout dans les sciences. Humholdt en jwrle (I). Mais c'était une petite élite.

Il y avait peu d'étrangers; l'accès des colonies leur était, en principe, fermé. Cependant on cite plusieurs Français qui ont occupé de hautes positions. Mais les Espagnols avaient importé des nègres d'Afrique, qui avaient multiplié sur le littoral et dans les terres chaudes, et qui s'étaient mêlés par le sang à la race indigène, en créant une sous-race de métis appelés « Zambos ».

En 1794, les intendants évaluaient la population de la Nouvelle- Esj>agne à 4 483000 hahilaiits. llumboldt, se fondant sur la natalité, estimait ce nombre inférieur à la réalité et pro|)osait, pour l'année I80S, G 500 000 habitants (2) dont la moitié environ d'Indiens, un sixième d'Espagnols et le reste surtout de métis (3). Les métis, nés presque tous de mère indienne, s'étaient multipliés sous la domination espagnole; les maîtres dans les haciendas et les mines favorisaient des unions (|ui leur valaient des recrues de serviteurs.

La conquête espagnole avait été rude ])our les races indigènes; il est juste d'ajouter quelle n'était ])as plus douce, au xvi° et au XVII* siècle, dans les colonies des autres Etats. La politique administrative et commerciale fut très exclusive et jalouse de toute concurrence étrangère; mais les autres nations suivaient alors une politique à |)eu j)rès semblable. La population autochtone a été plusieurs fois décimée; mais, en regardant de j)rès, on reconnaît que la cause i\v la grande mortalité a été moins dans la brutalité des maîtres et dans les travaux excessifs des mines (4) que dans les

1. Voir le cliiipilre : Art et Littérature, par M. Jules Claketie.

2. FÎUMBOI.DT. Op. cit. t. I, p. 315. Une éviiluation de 1810 porte 6 122 35'!. Voir Malins RoMF.KO, Gcofimphical and statistical notes on Mexico, p. 89.

3. IIiiinbol.il donne pour l'année 1810 6 122 000 habilanls, dont 1107 000 blancs (18 p. 100), 3 676 000 Indiens (60 p. 100), 1339 000 mélis (22 p. 100). Le recensement de 1900 évalue la proporlion des blancs ou réputés blancs à 19 p. 100, celle des Indiens à 38, celle des inélis à 43. En 1895 le recensement portait 1 909 000 Indiens ne parlant pas ou parlant peu l'espaj^nol.

4. Ilumboldl dit qu'au Mexique les Indiens n'étaient pas soumis, comme au Pérou, à la mita, c'est-à-dire au travail forcé des mines. « Dans le royaume de la Nouvelle-Espagne, dn moins depuis trente ou quarante ans. le travail des mines est un travail libre...

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famines et dans deux maladies épidémiques, le matlazahuatl, espèce de peste indigène, et la petite vérole im])oitée d'Europe (1).

Avant la conquête, il y avait un trafic intérieur, mais il ne pouvait pas exister un mouvement commercial im])ortant parce que les Indiens n'avaient ni routes, ni marine. Sous l'administration espagnole, les transports ne se f\iisaient encore c[u'à dos de midets, Faute de bons chemins, même entre la capitale et Acapulco, d'une part, et la Veracruz, d'autre part. Cej)endant, vers la fin de la période espagnole, le commerce extérieur, très variable suivant les années, a été en moyenne de 21 millions de piastres par an, et s'est même élevé, en 1802, l'année la plus prospère, à 60 millions (2). La Veracruz, princijial foyer de ce commerce, recevait les tissus, les vins et eaux-de-vie, le papier, le fer, et expédiait l'argent, la cochenille, l'indigo, le sucre.

En résumé, la conquête a introduit au Mexique la race européenne et, subsidiairement, mais en petite quantité, la race noire; elle a créé des sous-races de métis, ajoutant ainsi vm élément très important, l'élément européen, au fonds ethnique autochtone et transformant en partie ce fonds. C'était, quelles qu'aient été les péripéties de la lutte et de la domination, l'apport d'un élément très supérieur en civilisation. Cet élément adonné au Mexique son

Mécontent d'un propriétaire d'une mine, l'Indieu 1 abandonne pour oll'rir son industrie à un autre qui paie plus régulièrement ou en argent comptant. Ces faits exacts et consolants sont peu connus en Europe. » (Hu.mboldt, Op. cit., l. L p. 3.39.) Humboldt n'estime pas d'ailleurs à plus de 30 000 le nombre des mineurs de la Nouvelle-Espagne. ïoulefois Humboldt ne parle pas en cet endroit des avances d'argent par lesquelles les maîtres retenaient les péons dans leur dépendance.

1. Voir le chapitre: Population et Colonisation, par le prince Roland Bo.nai'Akte, et Hu.mboldt, Op. cit., t. I, p. 327 et suivantes. Humboldt signale comme une des plus terribles épidémies de petite vérole celle de 1770, qui lit, dans la seule ville de Mexico, 9 000 victimes. L'introduction de la vaccine, en 1804, fut un grand bienfait pour le pays.

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