‹ Le Mexique au début du 20e siècle (volume 2)Chapitre 4 sur 65 · En cette année 1802 le commerce se subdivisait ainsi · texte numérisé non relu

En cette année 1802 le commerce se subdivisait ainsi

Importation d'Espagne Piastres. 30 390 859

Exportation pour l'Espagne — 33 866 219

Importation d'Amérique — 3 749 988

Exportation pour l'Amérique .... — 4 581 148

Le total du commerce des 25 années (1796-1826) a été de 538 millions 1/2 de piastres. (Humboldt, Op. cit., t. IV, p. 84. J

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agriculture et son bétail, ses arts et ses sciences, la religion catholique qui, malgré la persistance de certaines superstitions parmi les Indiens, a adouci les monirs et a élevé le sens moral de la population. A la multiplicité des dialectes, il a superposé la langue espagnole, qui a contribué au développement intellectuel et à l'unité politique du pays. C'est à l'Espagne que revient le mérite d'avoir fait cette unité; il n'y avait pas en réalité de Mexique avant cpi'elle eût réuni les peuplades de la péninsule sous l'autorité de ses vicerois. Ce sont là de grands services que l'histoire doit enregistrer.

Mais il n'y avait pas encore, au commencement du xix° siècle, de nation mexicaine. La défiance de la cour de Madrid tendait encore et en dépit du progrès de la colonisation, à maintenir les divisions de classes pour les mieux tenir toutes sous sa dépendance : le pouvoir, avec les fonctions administratives, à des natifs de la métropole, nommés et révocables par elle; une grande autorité ainsi ([u<' de grands revenus au haut clergé séculier et régulier qui se recrutait parmi les Espagnols, et au contraire une humble position aux prêtres des campagnes, sortis pour la plupart de la classe des créoles ou des métis; nulle influence sur les afFaires publiques laissée à cette classe; un assujettissement complet des races indienne, nègre et métissée, résultant des mœurs autant que des lois.

Cependant l'esprit philosophique du xviii" siècle et l'exemple de l'indépendance des Etats-Unis éveillaient des sentiments nouveaux. Auparavant on se glorifiait d'être Espagnol, et les natifs du Nouveau Monde ambitionnaient de se glisser, même indûment, dans la classe des maîtres. Quand Humboldt visita la Nouvelle-Espagne, les créoles et les métis commençaient déjà à revendiquer, comme plus national, le titre d' k Américain ». Celui de « Mexicain » devait redevenir plus tard en honneur, lorsque le Mexique eut conquis son indépendance.

LE MEXIQUr. AT DICBUT DT XX' SIECLE

P !•: It 1 O D K N A ï I O N A I, K .

Sous -période de for/nation révolutionnaire .

Le renversement du trône des Bourbons par Napoléon fut un moment critique pour les colonies espagnoles; métropolitains et créoles étaient attachés à la dynastie légitime et s'accordaient pour ne pas reconnaître la royauté imposée par l'invasion. Mais ils ne s'accordaient ])as sur la manière d'administrer le pays; les créoles réclamaient jilus d'égalité. Au Mexique, le vice-roi Iturrigaray tendait à la leur accorder; les Espagnols, nés en Europe et formant une sorte de caste impériale, indignés de ce projet d'assimilation, saisirent le vice-roi (septembre 1808), le renvoyèrent en Espagne et convoquèrent une junte révolutionnaire qui nomma un autre gouvernant. C'est alors (1810) que le curé Hidalgo, uu créole, allilié à une conspiration comprenant plusieurs officiers des troupes coloniales, appela aux armes les habitants des contrées centrales, et entra en vainqueur à Guanajuato, à Vallodid et à Guadalajara. Peu après il était vaincu, livré par un traître et fusillé. Un autre curé, Morelos. opéra dans le sud, en 1812, et y dé|)loya inv véritable talent militaire; il réunit vin fantôme de congrès à Chilpancingo, organisa un embryon de gouvernement, exerça une sorte de dictature, et finalement eut le même sort qu'Hidalgo (1813). Le parti de la métropole triom])hait, mais l'agitation ne cessa pas.

En 1821, un créole ((ui s'était distingué dans les rangs de l'armée royale, le colonel Iturbide, d'accord avec d'autres officiers, proclama l'indépendance, s'allia les insurgés, entra dans Mexico à la tête de l'armée et renversa le vice-roi (21 septembre 1821); soutenu par les créoles sans être vivement combattu jiar le clergé que la révolution parlementaire en Espagne rendait mécontent, il conçut le projet de fonder un empire du Mexique avec un prince espagnol jwur souverain, et il se fit nommer lui-même généralissime. A la suite d'une convention qui ne fut pas ratifiée à .Madrid avec

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l'envoyé du roi d'Espagne, le divorce entre la métropole et la colonie fut consommé. Les dernières trou]>es européennes et ceux des créoles qui n'admettaient pas le nouvel état de choses, quittèrent le pays.

Le congrès, convoqué en 1822, se partageait en monarchistes, comprenant les anciens partisans de la métropole ainsi que les grands propriétaires, et en libéraux, comprenant les anciens partisans de Tinsurrection; aspirant, les premiers, à une monarchie parlementaire, les seconds, à une république ledérative comme aux Etats-Unis. Appuyé sur les monarchistes, Iturbide .se fit proclamer empereur sous le nom d'Augustin I". Mais il ne put réorganiser les finances et man([ua aussitôt de ressources.

Au parti libéral le général Antonio Lopez de Santa-Anna ajjporla son épée; il prit les armes à Veracruz (décembre 1822) et chassa Iturbide. Le congrès qu'il réunit alors vf)la (16 décembre 182;{) une (;onslitution (|iii lut mise en vigueur l<; 4 octobre 1824, constitution instituant sur le modèle des Etats-Unis une république fédérative de dix-huit Hltats, avec une chambre des représentants, un sénat, un président élu pour (piaire ans. Toute distinction de race était abolie. C'est le fondement de la constitution actuelle.

L'Espagne conservait encore, en face de Veracruz, la forteresse de Saint-Jean-d'Ulûa ; constamment assiégée, elle capitula en novembre 1825.

Conservateurs et libéraux se disputaient le pouvoir; un conservateur ayant été porté à la présidence en 1828, Santa-Anna le renversa et (it nommer un libéral. En 1829, un décret bannit tous les Espagnols, au nombre d'une vingtaine de mille; les Espagnols, toujours maîtres de Cuba, répondirent à cette proscription par une expédition (pii demeura infructueuse. Cej)endant, sous une inspiration plus tolérante, le décret de proscription fut rapporté en I8;{l.

L'ordre ne se rétablit pas. Pendant plusieurs années, des présidents ou prétendants à la présidence, Pedraza, Guerrero, Bustamente, Santa-Anna, se renversèrent les uns les autres; la discorde et l'anarchie affligèrent le pays jusqu'en 18)59, année où Santa-Anna

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devint président provisoire, puis, en 1841, dictateur. C'est pendant cette période ([ue fut promulguée la constitution de 1835, qui substituait un régime centralisateur au régime fédératif, et qui vit se produire la sécession du Texas (mars 1836), et aussi qu'une escadre française bombarda la forteresse de Saint-Jean-d'Ulùa (novembre 1838).

En 1844, un soulèvement général obligea Snnta-Aniia à piendre la fuite; ses biens furent confisqués.

11 est remarquable toutefois que, pendant la période 1822-1844, les recettes du Trésor public triplèrent, et que, malgré quelques mauvaises années, elles excédèrent, en somme, les dépenses. La production croissante des mines était une des causes de cette bonne situation financière.

Le successeur de Santa-Anna, Herrera, eut la douleur d'assister à la sé])aration définitive du Texas, qui, en 1845, devint un des Etats de la grande réjjublique américaine, et, à la suite d'un différend au sujet de la frontière, il dut déclarer la guerre aux Etats-Unis. Il perdit le pouvoir. La lutte continua, désastreuse pour la nation mexicaine. L'ancien président Santa-Anna fut rappelé de la Havane avec le titre de généralissime (octobre 1846). Il fut malheureux. La marche des armées nord-américaines sur Mexico (septembre 1847) obligea les Mexicains à signer, après une défense très honorable, le traité de Guadalupe Hidalgo (2 février 1848), qui enleva au Mexique le territoire contesté par le Texas et la vaste région californienne située au nord du rio Grande del Norte et du rio Gila jusqu'à son confluent avec le rio Colorado (545 783 milles carrés = 1 413 578 kilomètres carrés). Une ligne droite, tirée de ce confluent à la côte du Pacifique, entre la pointe Lorna et la baie de Todos Santos, complétait cette frontière. Quelques années après, pour mettre fin aux déprédations des Apaches, le Mexique céda aux Etats-Unis une portion de territoire situé au sud du rio Gila (45 535 milles carrés = 117 935 kilomètres carrés) par le traité de Mesilla et aussi le traité Gadsden (30 décembre 1853).

Santa-Anna était tombé avant la signature du premier traité, et

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le désordre continua pendant quelques années. Santa-Anna lut encore une fois rappelé et iuA'esti de la dictature, en décembre 1853. Comme il chercha son aj^pui sur le parti centralisateur et clérical, les libéraux le forcèrent à se retirer définitivement, et le désordre s'accrut encore.

Depuis 1821, le Mexique avait été successivement empire, république fédérale, république unitaire, et n'avait ainsi jamais joui d'un gouvernement stable. Un président libéral, Ignacio Comonfort, promulgua la constitution fédérale du 5 février 1857, la sécularisation et la vente des biens du clergé, auquel, d'ailleurs, la valeur deces biens devait être en grande partie restituée en argent. Cette constitution était calquée en partie sur celle de 1824.

Le clergé, ayant les symj)athies des conservateurs, résista ouvertement et appuya le général Zuloaga qui s'empara, après une lutte de plusieurs jours, de la capitale (1858). Mais, dans le même temps, les libéraux, abandonnés par le j)résidenl Ignacio Comonfort, acceptaient la direction d'un avocat, de pure race indienne, Henito Juarez, vice-président élu de la République, qui, reconnu par les Etats-Unis, ;-éunit sous son drapeau les provinces du nord et celles de l'Atlantique; de 24 Etats 17 étaient ouvertement pour Juarez. ('elui-ci prononça la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la siq)pression des couvents, la nationalisation des biens ecclésiastiques. Le général Miramon, successeur de Zuloaga, qui s'était procuré des fon<ls par des emprunts très onéreux, entama contre Juarez et les libéraux une lutte sanglante; après des alternatives de succès et de nners, Miramon, malgré le talent militaire ([u'il avait déployé, fut obligé, ])ar I intervention d'une frégate américaine, de lever le siège de Veracruz et finalement d'évacuer Mexico. Juarez fut élu (1861) président et expulsa les membres du haut clergé.

Les finances étaient dans un état déplorable. Les intérêts des emprunts, contractés pour la plupart à des taux usuraires, ne pouvaient pas être payés. Le congrès suspendit le paiement de la dette intérieure, puis celui de la dette extérieure : ce qui occasionna des réclamations de la France et de l'Angleterre, puis de l'Espagne.

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Quoique Juarcz eût rapporté la loi cftii ajournait le paiement de la dette extérieure, les trois puissances décidèrent de faire une manifestation armée (décembre 1861).

Napoléon III qui, pendant la guerre de Sécession, penchait imprudemment du côté des Sudistes et qui caressait le rêve de la création, au Mexique, d'im Etat de race latine pour en faire une barrière contre l'extension de la race anglo-saxonne, voulait autre chose qu'un solde de créance. Quand s(>s alliés comprirent sa pensée, ils retirèrent leurs troupes. Xa|)oléon III, malgré ro])[)()sition très vive que souleva en France cette entreprise, dans la jiresse et à la tribune, poursuivit son dessein. Le parti libéral se serra autour de Juarez. La résistance fut énergique à Puebla (1862); l'armée française ne put s'en emparer que Tannée suivante, après un siège terrible de trois mois. Elle entra immédiatement après à Mexico, où une assemblée, composée par les conservateurs, vota le rétablissement de la monarchie sous un prince catholique, et offrit le titre d'empereur à l'archiduc d'Autriche Maximilien.

La résistance continua, dirigée principalement par Juarez au nord et par Porfirio Diaz au sud-est, mais dans des conditions très difficiles, en face de l'armée française qui, vigoureusement conduite, occupa bientôt prescpie toutes les villes. Quand Maximilien, séduit par l'appât d'une couronne et aussi par la pensée d'une œuvre à accomplir, arriva à Mexico (juin 1864), il semblait que la lutte touchât à sa fin. Le nouveau monarque, marin et artiste, n'était ni soldat ni administrateur. Il ne j)ut organiser les finances; il essaya la conciliation et indisposa par là les conservateurs sans gagner les libéraux, irréconciables avec l'étranger.

Le monarque n'avait en effet ])our soutien que l'armée étrangère; quand Napoléon, sur des invitations pressantes faites par les Etats- Unis conformément à la doctrine» d<> Monroë, eut rappelé ses troupes (1866-1867), l'Empire s'effondra, i^es libératix, dirigés politiquement par Juarez et commandés par Escobetio au nord, Corona à l'occident et Porfirio Diaz à I Orient, regagnèrtMit rapidement tout le terrain perdu, et le malheureux Maximilien, ayant quitté la capitale pour

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tenter le sort des armes, alla trouver une fin tragique à Queretaro (juin 1867) (1).

Le parti conservateur était définitivement abattu. Juarez fut réélu président, puis réélu encore en 1871; mais une certaine agitation contre sa politique personnelle se manifestait lorsqu'il mourut le 18 juillet 1872. Son successeur fut Lerdo de Tejada qui, à la fin d'une période tourmentée (1876), quitta le pays.

Le pouvoir passa aux mains du général Porfirio Dia/. (décenihre 1876), qui en février 1877 fut élu président. Après ses quatre années d'exercice régulier de la présidence, il eut pour successeur son ancien chef d'état-major, le général Manuel Gonzalez, qui accomplit régulièrement aussi son cycle quadriennal. En 188'i, le général Porfirio Diaz fut élu pour la seconde fois président. L'ère des révolutions était terminée en réalité depuis 1877.

Long et douloureux enfantement de la République fédérative et libérale. La crise a duré un demi-siècle et plus, pendant lequel les soulèvements militaires et populaires n'ont cessé d'interrompre le jeu des institutions constitutionnelles, et les passions politiques ont été surexcitées dans les divers camps par les violations mêmes du droit public. Deux présidents seulement avant Juarez étaient parvenus au terme légal de leur mandat(2). Sous les noms divers qu'ont pris les partis, la lutte en réalité s'est établie principalement entre les représentants de l'ancienne politique coloniale, qui constituait le parti conservateur, et les couches nouvelles qui, comprimées sous l'admiiiislralion coloniale, grandissaient sous le régime

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