‹ Le Mexique au début du 20e siècle (volume 2)Chapitre 46 sur 65 · PLOMB · texte numérisé non relu

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7° Séparation électrique. — Les procédés de séparation électrique n'ont pas encore donné, pour la métallurgie de l'or et de l'argent, les résultats qu'on est en droit d'en attendre dans l'avenir. Cependant on en a fait, au Mexique, une application au raffinage de l'argent aurifère et impur. Cet essai a été fait à la New Pinos Altos Mining C de Cliihuahua, qui installa, en juillet 1890, le système Bernardo Moebius, dans lequel un des pôles est formé de feuilles d'argent fin trempées dans de Tacide nitrique dilué, l'autre de feuilles minces de l'argent impur à séparer, enveloppées dans des sacs de mousseline épaisse et plongées dans le même liquide. L'argent va se déposer sur les feuilles du même métal, et l'or tombe en fine poudre noire au fond des sacs de mousseline.

La Com2)agnie minière de Monterrey possède une installation électrique pouvant produire par jour une tonne d'argent pur: installation qui passe pour être une des plus perfectionnées, peut-être la plus perfectionnée du monde.

METALLURGIE DU CUIVRE

La grande production de cuivre au Mexique vient de la Compagnie française du Boleo que nous allons étudier en détail. Mais, de plus, on a développé récemment, dans diverses usines, le traitement des minerais cuivreux complexes, et nous avons déjà cité, à cet égard, les grandes usines d'Aguascalientes et San Luis

Potosi, où l'on traite même des minerais et mattes de cuivre importés des Etats-Unis.

Revenons maintenant à la Compagnie du Boleo.

Quelques-uns des gisements de cuivre du Boleo, connus depuis de longues années, avaient été jadis exj)loités par des Mexicains, des Allemands et par un Béarnais fixé dans le pays, M. Jean-Pierre Camou. En 1885, à la suite d'études faites sur place par des ingénieurs français, MM. de la Bouglise, Cumenge, Fuchs, etc., tous ces gisements passèrent entre les mains d'une Compagnie française au capital de 12500000 francs, qui organisa les travaux sur une très grande échelle et sut amener l'affaire au degré de prospérité où nous l'avons vue récemment.

Cette Compagnie, qui exploite les gisements de Santa Rosalia, a extrait, entre les exercices 1892-1893 et 1895-1896, 513703 tonnes d'une teneur de 6 à 12 pour 100; elle a exporté, dans la même période : 39853 tonnes de matte, 12 777 de cuivre noir: le total tlu cuivre produit équivalant à 37670 tonnes, avec une dépense en main-d'œuvre de 3 340000$. Dans les années 1896 à 1899, elle a fondu 40452 tonnes.

L'extraction de cuivre a été la suivante depuis l'origine : 1886 à 1888 : 4614 tonnes; 1889, 3333; 1890 : 3500; 1891 : 4176; 1892 : 6415; 1893 : 8 107: 1894 : 10537: 1895 : 10612; 1896 : 10091: 1897 : 10334: 1898: 9588; 1899 : 10509; au total, jusqu'à la fin du xix' siècle, 91816 tonnes. En 1900, l'extraction est montée à 261 170 tonnes contre 242325 en 1889. et la production de cuivre pur s est chiffrée par 11297 tonnes, en augmentation de 911 tonnes sur l'année précédente.

On a organisé, dans les dix dernières années, le traitement des minerais argileux, pauvres en oxydes et difficilement fondants, qui sont destinés à dominer de plus en plus dans l'avenir. Le minerai étant surtout formé de mouches impalpables de sulfure de cuivre noir dans une gangue argileuse, on ne peut l'enrichir par lavage; mais on lui fait subir un criblage et un triage à la main. On se préoccupe ensuite de le mettre dans un état physique qui lui permette de fondre, malgré sa nature réfractaire. Pour cela, on commence par isoler avec soin les menus (composant 56 p. 100

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du total), qu'on aggloincrc ensuite sous forme de boulets. On ajoute un peu de calcaire, et l'on fond avec du coke venant, soit de Westphalic, soit du pays de Galles.

La fonderie comprend 7 fours Waterjackets, dont la construction doit être très soignée pour leur permettre de résister à l'action corrosive de l'eau de mer, f|u'on est forcée d'emjjloyer pour le refroidissement. Ces fours à 9 tuyères traitent 145 tonnes par 24 heures. La consommation de coke est d'environ 15 pour 100 du lit de fusion, et le volume d'eau, de 10 mètres cubes par kilogramme de coke. Les minerais étant peu sulfurés, tout le cuivre obtenu n'est pas à l'état de matte, mais de 1/4 à 1/3 en cuivre noir et de 3/4 à 2/3 en matte. Ces deux produits sont expédiés en Europe pour être raffinés.

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