Voir le chapitre : Finances, par M. P. Leroy-Beaulieu
Sous-période du développement pucifique.
On pourrait faire commencer la sous-période du développement pacifique à l'élection de Jiiarez en 18G7. Car depuis cette année jusqu'à 1884, les présidents ont été régulièrement élus : en 1871 (réélection de Juarez); en 1872, a])rès la mort de Juarez élection de Lerdo de Tejada; en 1877, première élection du général Porfirio Diaz; en 1880, élection du général Manuel Gonzalez, et chacun d'eux a conservé le jiouvoir pendant les quatre années de son mandat constitutionnel. Mais c'est plus exactement avec l'année 1877 et l'élévation du général Porfirio Diaz à la présidence que commence l'ère actuelle.
Les deux périodes de l'histoire contenqioraine du .Mexicpie ont des caractères très diflérenls, pour ainsi dire opposés. Pendant la ])remière, une suite ininterrompue de convulsions presque sans trêve; l'anarchie, suspendue par de courtes intermittences do calme, fatigue le pays et l'expose aux pires dangers; la seconde ouvre une ère de paix que le passé ne permettait pas de présager, (i dont il y a lieu d'espérer la continuité dans l'avenir.
Les luttes contre les Etals-Unis et l'intervention étrangère avaient fortifié le patriotisme des Mexicains, en donnant à l'idée de nationalité une force de cohésion qu'elle n'avait pas eue jusque-là. Le parti libéral, devenu désormais une puissance incontestable, est resté à la tète des alfaires. 11 a achevé d'accomplir la séparation de l'Eglise et de l'Etat, et il a travaillé fructueusement à la propagation de linstruction et à la restauration des finances et du crédit mexicain.
Après la seconde élection du général Porfirio Diaz en 1884, un amendement à la constitution, voté en 1887, a autorisé la réélection du président en charge, et le général a été réélu déjà quatre fois, en 1889, en 1892, en 189G, en 1900. Tout annonce qu'il sera réélu pour 1904, aucun concurrent ne s'étant présenté contre lui.
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Pendant les vingt-sept années déjà écoulées de ce régime, des progrès considérables ont été accomplis :
Taatum ordo juncturaque pollet,
disait Horace.
Paris et le monde entier ont pu apprécier quelques-uns des résultats de ce nouvel ordre de choses aux Expositions universelles de 1889 et 1900. Le Mexique y a figuré au nombre des Etats américains les plus remarquables.
Après la clôture de cette dernière Exposition, M. Sébastian tic MiER, ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire, qui était investi du titre de commissaire général de l'Exposition mexicaine, a conçu la pensée de perpétuer le souvenir de cette solennité en faisant dresser un tableau des progrès accomplis depuis la pacification et de l'état actuel des choses. Les Expositions universelles ont été, depuis 1851, l'occasion de nombreuses publications de ce genre. Presque tous les Etats, en même tenq)s qu'ils exposaient leurs j)roduits, ont voulu donner au monde civilisé une notion précise de leurs richesses et de leurs forces productives. Ils ont rassemblé et condensé, à cet effet, les documents que la statistique leur fournissait, et ils les ont illustrés par des commentaires; ce sont, en quelque sorte, des examens nationaux de conscience qui ont enrichi la littérature sociale, et qui n'ont pas été sans profit pour l'Etat qui les avait entrepris.
C'est une œuvre de ce genre que M. Sébastian de Mikr a conçue. Pour donner plus d'autorité au témoignage, il a demandé ses collaborateurs à la France où venait d'avoir lieu l'Exposition, et il les a cherchés parmi les sommités de la Science, de la Littérature et de la Politique :
M. Elisée Reclus, géographe, pour la description physique du pays;
Le prince Roland Bonaparte, pour la population et la colonisation ;
M. Léon Bourgeois, président de la Chambre des députés, ancien
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président du Conseil des ministres, pour les Institutions politiques, judiciaires et administratives;
M. Ilippolyte Gomot, sénateur, ancien ministre, pour l'agriculture;
M. L. de L.vu.NAY, ingénieur en chef des mines et professeur à l'Kcole su])érieure des mines, pour les mines et industries minières;
M. Alfreil Picard, membre de l'Institut (Académie des sciences) et |)résidenl de section au (lonseil d'Etat, pour liiulustrie, la navigation et le commerce;
.M. Camille Khantz, dé|)uté, ancien ministre, pour les clicmins de lér et les travaux publics;
M. Michel Lagrave, commissaire général pour la France à riv\position universelle de Saint-Louis, pour les postes et télégraphes;
M. Alfred de Kovilli;, mendire de l'Institut (Académie des sciences morales et [)oliti(jues) et conseiller-maitrc à la (]our des Comptes, puur les monnaies, le change et les banques;
.M. Paul Leroy-Beauliku, membre de i'inslitut (Académie des sciences morales vl |»<)liti([ues), professeur au (Collège de France, pour les (inances;
M. Ghéahu, membre de l'Institut (Académie française; et Acatlémie des sciences morales et politi(|uesj et recteur lionoraiie, [)our l'instruction publiepie ;
M. Albin IIalier, nuMubre de l'Institut (Académie des sciences), |)Our les sciences ;
M. Jules Claretie, membre de l'Institut (Académie française), pour l'art et la littérature;
\a' général Ntox, pour l'armée et la marine;
iM. il'KsTouRNEi.LES DE Go.NSTAXS, député, miuislre plénipotentiaire, et membre du Tribunal d'arbitrage de la Haye, pour les relations extérieures.
M. Sébastian de Mikh, qui est lui-même un lettré, a su grouper autour de lui ces éminents collaborateurs. Il a été l'àme de l'œuvre qu'il a animée de son zèle et a éclairée de ses lumières, et <à laquelle il a tourni les matériaux statistiques et administratifs, qu'il
était difficile de se procurer en Europe et sans lesquels la précision dans les détails et l'exactitude dans les lignes générales n'auraient pu être obtenues.
J'ai accepté la mission qu'il m'a confiée de surveiller l'ensemble de la publication et d'eu former le lien par une introduction et un<> conclusion, parce qu'il me paraissait, comme à tous mes collaborateurs,juste et utile de propager en Europe comme en Amérique la connaissance du Mexique contemporain, en disant quel essor uu gouvernement libéral et pacifique lui a [lermis de prendre, et de l'enregistrer dans une œuvre française, f|ui, eu attestant la syni)iathie naturelle des deii\ nations latines, montrera au monde que le temps a dissipé entièrement le nuage que la polit i(|ue personnelle d'un régime passé avait soulevé.
Après avoir conduit le lecteur jus{[u'au seuil de l'époque contemporaine, je laisse à mes collègues le soin d'exposer ce qu'elle a produit.
E. Lkvasseuh.
APERÇU (iEGGllAPIIIOUE