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ments de terre au Mexique se trouve au sud de la Junta(i), sur le rebord abrupt du plateau central, et tout spécialement dans le massif d'Oaxaca, près de Chilpancingo et plus à l'est, vers Tehuantepec ; ce sont les villes les plus menacées. La fréquence des catastrophes, de même que le grand nombre et la profondeur des barrancas, sont parmi les causes qui ont empêché le peuplement
(t) E. UecKEHT, Zeitsehrifl der Gesellscha/t fur ErdAunde zu Berlin, n° 5, 1902
de quelques-uns des districts méridionaux. Le sol de Mexico même, où l'on compte en moyenne trois ou quatre microséïsmes appréciables, est relativement stable. La ville « abuse de sa position de capitale pour accaparer à son profit les tremblements venus d'ailleurs », nous dit M. Montessus de Ballore. Le nord du Mexique et le Yucatan sont aussi relativement indemnes de tremblements; le littoral de l'Atlantique est très stable tandis que la côte du Pacifique est très fréquemment agitée, surtout dans le voisinage des grandes profondeurs : certaines régions côtières ont plus à souffrir des raz de marée que des vibrations du sol.
Au delà des monts d'Oaxaca, les hauteurs s'abaissent du nord au sud par degrés vers la dépression de l'isthme, où les seuils entre les deux mers ont seulement de 210 à 250 mètres de relief : le groupe qui peut être considéré comme la dernière forteresse des hautes terres mexicaines atteint encore une altitude considérable, plus de 3 000 mètres. Le massif de Zempoaltepetl ou les « Vingt- Monts » s'élève à 3 396 mètres par son piton suprême, d'où l'on apercevrait à la fois les deux mers. Toutes les croupes de plateaux qui se ramifient de part et d'autre sont puissamment ravinées par les eaux, formant une région des plus tourmentées à laquelle on donnait autrefois le nom de Mixtlan ou « Pays des Nuages ». C'est la Mixteca Alta des Espagnols.
Comme pour terminer le système des plateaux et des montagnes de l'Anahuac, un massif volcanique se dresse au bord de chaque mer : d'un côté, sur le golfe du Mexique, le groupe des pitons de Tuxtla; de l'autre, sur le Pacifique, le volcan éteint de Chacahua. Quant au Tuxtla (1 500 mètres), il se reposa pendant des siècles, mais il a de terribles réveils : en 1793, on entendit des mugissements à 200 kilomètres de distance. Une rivière d'eau chaude jaillit de ses flancs. Le peuple, qui aime à personnifier les montagnes, et surtout celles dont il redoute les avalanches ou les éruptions, croit que dans les périodes de grande calamité les deux géants, TOrizaba et le Tuxtla, s'entretiennent ensemble par de longs roulements. Sans doute, le Tuxtla ne peut se comparer pour l'altitude avec le « mont de l'Etoile » ; mais il paraît être plus élevé qu'il ne l'est en réalité, parce qu'il se montre en île
parfaite, entourée par les eaux, les marais et les terres alluviales. A une époque récente, il était encore séparé de la terre ferme.
L'isthme de Tehuantepec est une véritable coupure, une solution de continuité complète entre les montagnes mexicaines du système de l'Anahuac et celles de l'Amérique centrale proprement dite. A l'époque crétacée, les flots de l'Océan s'épanchaient librement de la « Mar del Norte » à la « Mar del Sur » ; mais des assises tertiaires et quaternaires, diversement découpées par les pluies en mamelons arrondis, se sont déposées dans l'avenue transversale (Spear). Le seuil le plus élevé du chemin de fer, qui franchit l'isthme de Tehuantepec entre les deux ports de Coatzacoalcos et de Salina Cruz, est à 260 mètres; mais diverses brèches, moins favorablement situées pour la construction de la voie, sont pourtant un peu plus basses : un de ces portillos s'ouvrirait à 210 mètres.
Au delà du seuil, les montagnes se redressent aussitôt, longeant de près par leur escarpement rapide la côte du Pacifique, et projetant des chaînons latéraux vers les marécages qui bordent le golfe mexicain. Cette chaîne, dite de Chiapas ou de Soconusco d'après les noms de la contrée qu'elle traverse, est en réalité la terminaison occidentale du système orographique guatémaltèque, qui se poursuit vers le sud-est jusque dans le Salvador, à la brèche de Sonsonate, ou même plus loin, jusqu'à la baie d'Amapala; dans la partie mexicaine de son développement elle se confond avec l'alignement volcanique, dominée, près de la frontière du Guatemala, par le cône du Soconusco -{2 380 mètres); plus loin, se dresse une pyramide, plus élevée, mais beaucoup moins connue à cause des vastes forêts qui l'environnent, le Tacana, auquel DoUfus et de Montserrat attribuent plus de 3 500 mètres d'altitude. Du Soconusco s'échappent encore quelques vapeurs, tandis que le Tacana est ébranlé par de fréquentes explosions : les récents tremblements de terre ont forcé nombre d'habitants à quitter les plantations, surtout aux environs de Tapachula et d'Union Juarez. D'après Crawford, on constate que toute la côte du Pacifique, à la base des monts du Soconusco, est en voie de graduel affaissement.
La longue pente des montagnes de Chiapas, qui s'incline au nord vers le golfe du Mexique, est découpée en plusieurs fragments inégaux par les vallées profondes où coulent les rivières très abondantes qui vont parcourir les plaines alluviales de Tabasco. Quelques-uns des sommets de cette région alpestre, très richement boisée, dépassent 2 000 mètres, mais la plupart des
Fig. 2. — Relief du Mexique.
O.de Greenwich
D'après FcUx, LenJz. et Sapper.
Profondeurs en mètres Hauteurs
InsiUttt Gèo<^raphi(fti£, U^ N^, Bntx^^les SOO 1000 5000 SOOO
plus de
200 500 1000 2000 SOOO 5000
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300 600 900 1200 Kl
massifs sont d'accès facile et vont se terminer dans les campagnes par des collines aux longues ondulations, destinées à se recouvrir de cultures comme elles en eurent jadis, lorsque la population policée de ces régions n'avait pas encore été exterminée par les conquérants espagnols.
D'après les géologues mexicains Ordoiîez, Aguilera et autres, le bloc continental du Mexique serait d'origine très ancienne. Les formations archaïques du gneiss y occupent une grande étendue,
principalement dans l'Etat d'Oaxaca et le long du Pacifique. On a cru reconnaître aussi çà et là des roches siluriennes et dévoniennes, mais le manque de fossiles n'a pas permis de déterminer les âges avec certitude. Les terrains carbonifères du Chiapas sont connus, et on en signale également au nord du Mexique, dans le Sonora et le Chihuahua. La formation secondaire la mieux développée dans
Fig. 3. — Roches du Mexique.
O.de Greenwich
D'aprrs A.del CastilU) e/ C.Sappe^: Inst - Oeoffr. U^ N -, BrhUJc^Hts.
Volcans actifs Roches érvptives. Roches sédimentaires Volcans éteints
0 300 600 900 1200 Kil.
Les riions en- blanc n'ont pas encore été classées géologùfuerrvent d'une manière tUfînitùoe.
le territoire mexicain est celle de la craie, qui s'étend en très grandes plaines entre les massifs de montagnes. C'est depuis la période crétacée que l'activité volcanique s'est produite dans la contrée, épanchant ses laves sur de vastes étendues qui représentent environ le tiers de la surface du Mexique, plus de GOOOOO kilomètres carrés.
La grande péninsule quadrangulaire du Yucatan, limitée au
sud par la base des avant-monts qui limitent la frontière du Guatemala, ne présente point de montagnes. C'est une table calcaire, régulièrement inclinée dans la direction de l'axe péninsulaire et présentant çà et là quelques gibbosités aux pentes à peine visibles, qui nulle part n'atteignent 150 mètres au-dessus de la mer. L'ensemble de la dalle calcaire s'est évidemment déposé pendant une même période géologique, et la formation s'en continue sous les eaux du golfe à plus de 200 kilomètres de distance, jusqu'au bord de la berge sous-marine qui descend vers les grands abîmes océaniques de ces parages. Au point de vue géologique il n'y a guère de différence entre le Yucatan émergé et le socle de grands bancs encore sous-marins qui le bordent à l'ouest et au nord, rendus visibles çà et là par des récifs coralligènes. Plusieurs petits archipels, points d'appui de terres futures au cas où le fond de la mer serait en voie de soulèvement, font saillie au-dessus du flot, au grand péril des embarcations ; cependant le balisage de ces récifs et le creusement de havres pourraient transformer ces parages dangereux en lieux d'abri lorsque soudain se mettent à souffler les redoutables no/tes, bouleversant les flots. Des îlots minuscules bordent le socle des bancs, au-dessus des grands abîmes dits « fonds de Sigsbee », d'après l'un des explorateurs de ces parages.
A l'est, la partie de la côte du Yucatan attribuée récemment au territoire de Quintana Roo n'est plus bordée d'un plateau sousmarin; la ligne des profondeurs de 100 à 200 mètres se rapproche du littoral, en laissant même au large la grande île de Cozumel. D'autres îles se profilent au sud comme les restes d'un ancien rivage, et les falaises de la terre ferme, découpées en criques, en baies, même en golfes bien abrités où viennent se jeter des rivières, présentent un aspect analogue à celles du Honduras britannique.