LE MEXIQUE MODERNE
L'Amérique éveille en nous, Européens, l'idée d'un pays prodigieux, que nous admirons, tout en le regardant un peu avec effroi, tant son développement a été gigantesque et rapide. Mais ce mot Amérique est trop souvent synonyme d' « Etats-Unis », et ce serait une grave erreur que de borner notre admiration à cette partie du nouveau continent.
Ce serait même une injustice, surtout pour nous Français, nous Latins, de croire ces merveilleux progrès, cette intensité de vie, concentrés seulement dans la Grande République. A côté de l'Amérique anglo-saxonne, il y a l'Amérique latine, ou plutôt ibérique, qui, elle aussi, a suivi le mouvement. 11 existe, chez les peuples ibéro- ou hispano- américains, comme on voudra les appeler, toute une civilisation née d'hier et vraiment surprenante. Possédant les qualités des nations européennes dont ils descendent, ainsi que les qualités de ces races indigènes que les Espagnols conquérants et colonisateurs ont domptées et civilisées, ils ont quelque chose que n'a plus la vieille Europe : ils ont la jeunesse.
Si l'expansion de l'Amérique anglo-saxonne nous surprend, l'Amérique latine fait aussi des pas de géant. Nous soupçonnons à peine, de ce côté de l'Atlantique, ce que peuvent être ces cités du Nouveau Monde, où paraissent quotidiennement des journaux de
huit OU dix pages, comme la Prensa de Buenos Aires, où ont été construits des monuments splendides, comme le théâtre Juarez de Guanajuato, au Mexique; ces villes avec leur lumière électrique, leurs téléphones et tous les derniers progrès.
Parmi ces peuples, de même souche et cependant distincts, on doit répéter le mot, les Mexicains sont un de ceux qui ont le plus gagné en civilisation.
A l'Exposition de 1889, on remarquait avec curiosité le superbe palais qui contenait l'exposition du Mexique. C'était un édifice rappelant les anciens temples aztèques, un monument d'une architecture étrange et un peu barbare, orné de statues colossales en pierre rouge, à l'aspect féroce et sauvage, comme ces anciens dieux sanguinaires que rencontrèrent les compagnons de Fernand Cortez. L'intérieur, lui, contenait tous les produits et toutes les richesses d'un peuple en pleine prospérité. Parfois aussi, dans un coin de l'Exposition, on apercevait, dressé sur sa selle, un mannequin en bois, tout chamarré d'or et d'argent, coiffé d'un large chapeau de feutre gris au gland d'or, figurant quelque cavalier du ]iays.
Le vieux temple, le cavalier couvert de cuir et d'or et l'exposition elle-même représentent les trois phases successives, les trois étapes par lesquelles ce pays a passé avant d'être une nation moderne. Le Mexicain d'aujourd'hui dit volontiers « qu'il est Mexicain ». — Cela est vrai, car il y a une patrie mexicaine. Mais il est autre chose aussi : il est la résultante de diverses races. Ce n'est pas un Indien, loin de là ; mais il a gardé, toutefois, quelques-unes des vertus du peuple mexicain primitif, en particulier le courage et la ténacité.
Le Mexicain est surtout un Espagnol; car au Mexique, le conquérant ne fut pas absorbé par la population indigène; au contraire, il la dompta, lui imposa sa loi, et le Mexique devint un pays castillan.
Les civilisations disparues avaient néanmoins laissé des traces Les villes indiennes détruites lors de la conquête ne purent jamais renaître de leurs cendres. Nous n'avons plus, par exemple, des Aztèques, que les ruines de monuments et de téocallis gigantesques, qui font songer à des cités autrefois splendides, et subsistent comme des témoins d'une gloire ancienne et d'un passé mystérieux et loin-
tain. Il ne reste cependant pas que des pierres ruinées, il reste le souvenir. Et l'Indien a survécu. Il n'a pas disparu devant les Espagnols comme les Peaux-Rouges devant la race anglo-saxonne. Plus vigoureux, plus intelligent, plus policé, il a résisté, persisté. Il conserve dans ses airs de musique, dans ses mélopées traînantes, le charme et le rêve de ce passé aboli. Et le tout se transmet par des hérédités mystérieuses, de générations en générations, comme les vieilles légendes et les vieilles chansons dans la mémoire des peuples.
C'est \k ce qui explique que, dès le lendemain de la conquête, le Mexique devint un pays d'une civilisation à la fois si complète et si originale. Si complète, car l'Espagne lui apportait la sienne, en même temps que ses lois et sa religion; si originale, car tout n'avait pas disparu des anciennes civilisations américaines; Indiens conquis et P]spagnols conquérants collaborèrent, sans s'en apercevoir, au développement du pays. Et au bout de trois siècles, la nation mexicaine est née, nation nouvelle qui s'est lancée, avec l'enthousiasme des jeunes, dans la voie du progrès.
Il n'y a pas lieu, au fond, de nous étonner de la marche en avant accomplie. Elle était à prévoir. Même, elle a été pressentie par tm homme de génie, Alexandre de Humboldt. Rien n'est plus intéressant ni plus instructif que son Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne . Humboldt a entrevu que ce pays ne se contenterait pas seulement d'être une « nouvelle Espagne » et une succursale de l'Espagne, mais qu'il deviendrait a le Mexique. »
Lorsque Humboldt put le visiter, le Mexique était déjà très avancé; l'explorateur en fut d'autant plus surpris, qu'il arrivait de l'Amérique méridionale, encore arriérée. Il trouvait là des habitants éclairés et lettrés, des sciences cultivées, des villes riches et bien administrées, un pays prospère. Il rencontrait des esprits ouverts et curieux, des savants au courant de tous les progrès de l'époque. « Partout, dit-il, on observe un grand mouvement intellectuel, une jeunesse douée d'une rare facilité pour saisir les principes des sciences... » (Il aurait pu ajouter : et aussi des lettres.) Mexico l'émerveille. « C'est, écrit-il, une des plus belles villes des deux hémisphères. »
Et non seulement Humboldt a deviné le Mexique, mais, mieux encore, il a pressenti la patrie mexicaine. Ce sont des paroles prophétiques que prononce, dès 1804, l'illustre savant : « Les lois espagnoles défendent l'entrée dans les possessions américaines à tout Européen qui n'est point né dans la péninsule. Les mots d'Européen et d'Espagnol sont devenus synonymes au Mexique et au Pérou ; aussi les habitants des provinces éloignées ont de la peine à concevoir qu'il y ait des Européens qui ne parlent pas leur langue... La péninsule leur paraît être le centre de la civilisation européenne. 11 n'en est point ainsi des Américains qui habitent la capitale. Ceux qui ont lu des ouvrages de la littérature française ou anglaise tombent facilement dans le défaut contraire ; ils ont une idée plus défavorable de la métropole qu'on ne l'avait en France à une époque où les communications étaient moins fréquentes entre l'Espagne et le reste de l'Europe. Ils préfèrent aux Espagnols les étrangers des autres pays; ils aiment à croire que la culture intellectuelle fait des progrès plus rapides dans les colonies que dans la péninsule. » Et c'était exact; le Mexique était alors en avance sur la mère patrie.
Finalement, délivrée du régime colonial, la nation dut lutter pour vivre et^ supporter de cruelles épreuves. Et elle ne fut véritablement elle-même qu'après avoir résisté à l'Europe, à l'intervention armée de Napoléon III, et affirmé son autonomie et son indépendance.
Le peuple mexicain est devenu libre et actif; mais est-ce un peuple complet? J'entends par peuple complet, un peuple possédant non seulement la force matérielle, 1 activité, la richesse, mais cette force intellectuelle qui fait que les peuples pensent et réjiandent leur pensée au dehors. L'art, la littérature sont dans une nation des éléments indispensables. Un peuj)le n'est véritablement « complet )) que lorsqu'il manifeste une j)ensée nationale. En un mot, le Mexique a-t-il la force intellectuelle?
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Eli lisant les journaux mexicains, je vois souvent répéter une question nettement Formulée : « Avons-nous un art national, avons-nous une littérature mexicaine? » Poser ce problème, c'est montrer qu'on se préoccupe des questions artistiques.
Il serait bien étrange de «supposer qu'un peuple aussi vigoureux, qui a toutes les qualités de la race espagnole, qui a montré, au siècle dernier, un si bel élan de patriotisme, n'ait pas su manifester dans l'art ou la littérature les pensées qui l'agitent. Croire que la nation qui a donné Alarcon à l'Espagne n'ait pas produit, depuis, des artistes, des écrivains, des poètes, serait complètement illogique. Le génie est rarement isolé; le talent n'est jamais un produit du hasarti, mais le résultat de l'éducation intellectuelle. Par son histoire, par ses traditions, par son passé, le Mexique devait avoir une littérature nationale, et cette littérature, il la possède sans aucun doute aujourd'hui.
C'était, je le répète, une nation déjà cultivée que le Mexique d'avant la conquête espagnole, mais l'art indigène fut bien vite remplacé |)ar l'art chrétien. Cependant il ne disparut pas, et on le retrouverait, en le cherchant, dans la céramique et dans la bijouterie, notamment. C'est là, en elfet, qu'il faut toujours le rechercher; car c'est là, véritablement, l'art du peuple. Le vase de terre, l'écuelle du pauvre ou le bijou ([ui pare la femme sont souvent les épaves d'une civilisation éteinte. Les procédés de fabrication, la plupart du temps rudimentaires, se transmettent de génération en génération, à travers les siècles, et résistent au progrès. J'ai remarqué, chez des potiers tunisiens, des formes de vase étranges que j'ai retrouvées au musée de Carthage : c'étaient des vases puniques que faisait, sans s'en douter, le potier d'Afrique. Au
Mexique, les formes et les couleurs de la céramique ancienne ont également subsisté.
Elles ne sont pas à négliger, ces influences locales sur l'art mexicain. Le Mexique est un pays américain, et s'il fut espagnol, sa situation géographique lui permit, ne l'oublions pas, de recevoir des influences étrangères, qu'on retrouverait même dans la peinture.
La religion, les lois, les idées européennes s'implantèrent bientôt au Mexique. La colonie vit surgir des villes nouvelles; des architectes, des artistes vinrent en foule de la métropole. L'élan est donné, et, en 1783, on fonde l'Academia de Bellas Artes de San Carlos. Le pays a déjà ses artistes. Mais l'art n'est encore qu'un reflet de l'art espagnol.
Il ne pouvait en être autrement. L'Espagne, imposant à ses colonies sa civilisation, ses mœurs, devait fatalement leur imposer son art et sa littérature. C'était alors, comme on le disait, <( la nouvelle Espagne », dont je parlais tout à l'heure, ce n'était pas encore le Mexique.
11 serait intéressant de suivre jusqu'à nos jours l'évolution et les progrès de l'art au Mexique depuis la conquête; mais le travail dépasserait le cadre de cette étude rapide, et nous ne pouvons qu'indiquer ici ce ([ui fait, à notre époque, la force et l'honneur du peuple mexicain.
Le Mexicain est apte à la culture intellectuelle. Il a la vive imagination des peuples du Midi et leur propension à la poésie. Si ce sentiment artistique s'est peu manifesté après la guerre de l'Indépendance, la faute en est surtout aux agitations politiques qui troublaient ce pays. Le Mexique n'était pas pour cela resté absolument en arrière, et, avant la fondation de l'Académie de San Carlos, on y voyait des artistes non seulement espagnols, mais aussi mexicains, dont les œuvres sont encore exposées dans les salles de l'Ecole des Beaux-Arts de Mexico. On a même voulu voir là une Ecole de peinture mexicaine; il est plus juste de dire que ces œuvres sont surtout une imitation de l'école espagnole. C'est de l'art religieux, le seul qu'encourageât le clergé ; un art de tristesse et de résignation, de lugubre mysticisme, qui reflète les terreurs de
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l'Inquisition. Ces peintres voyaient sombre et voyaient noir. Leurs œuvres ornent les couvents et les cloîtres : ce sont des chairs émaciées, des membres grêles d'ascètes ou de martyrs, des ressouvenirs d'un Valdès Léal. Pas un rayon de soleil en ces peintures; la lumineuse clarté des paysages de la terre natale n'inspirait pas encore leurs auteurs. Ce n'est pas là une École, c'est le reflet d'une époque, et les peintres sont esclaves du goût de leur temps.
Cependant, il nous faut faire une exception. A ce moment de sombre mysticisme, nous trouvons de la lumière. C'est le ciel bleu de sa patrie que peint Cabrera, ce peintre, métis d'origine; ce sont les extases que procure la religion et non ses martyrs sanglants qu'il représente le long des murs des cloîtres. Il est un créateur et un précurseur dans l'histoire de la peinture au Mexique, et son nom restera.
Avec la maison de Bourbon qui succède à la maison d'Autriche, le goût a évolué, et le tableau religieux a changé de genre : le moine a cessé d'être terrible, et la religion se fait moins austère. .Mais on tombe rapidement d'un excès dans un autre, et la peinture religieuse italienne se substitue à la peinture religieuse espagnole, avec plus tie couleur toutefois. On passe des martyrs espagnols et de leur pâleur cadavérique, aux chairs éblouissantes des madones italiennes. Carlo Doici succède à Léal. C'est encore de la copie, et c'est toujours le reflet d'une époque.
Bientôt, l'Académie de San Carlos, fondée par Charles 111, donne à la peinture un vigoureux élan. Jimeno, professeur à cette Académie, décore la cathédrale de Mexico. La peinture ne s'est pas tout à fait dégagée de la mode; malgré cela, un grand pas a été franchi. L'Académie de San Carlos a fait aimer les arts.
On voit apparaître le sentiment de la couleur en ce pays de lumière. Le tableau de Sagrado, Jésus sur le chemin d'Enimaiis, est un chef-d'œuvre de la peinture religieuse, avec un grand sentiment de la nature et de la vérité. Le tableau de Ramirez, élève de l'Académie, Super flumina Babylonis, nous montre déjà une peinture nationale; .son paysage est mexicain; son fleuve, son ciel, ont la lumière et la transparence des fleuves et du ciel du Mexique. Cordero, ce maître de la couleur, Rebull, au dessin impeccable
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et sobre, réagissent aussi contre cette peinture exubérante d'alors.
L'Académie de San Carlos a ouvert la voie; des artistes vont accourir de l'étranger au commencement du xix° siècle, — des Italiens principalement, — et avec eux l'horizon va s'élargir. Clavé, Vilar, Landesio, s'inspirent de modèles italiens. Ce sont des chercheurs : Clavé, par exemple, essaie en vain d'introduire le pastel, et l'Italien Landesio crée bientôt une école de paysagistes avec Salvador Murillo et Velasco.
Vers 1867 apparaît un genre indépendant, avec quatre jeunes peintres dont les noms méritent de rester : Parra, Obregon, Ocaranza et Casarin. Avec eux naît enfin la peinture nationale; les sujets qu'ils traitent sont tirés des traditions indigènes, de la conquête espagnole. Ces œuvres ont l'originalité, le mouvement et la vie. Ce fut une révélation.
On comprend alors, en haut lieu, que l'art a besoin d'être encouragé, et le directeur de l'Académie envoie Parra en France. Ces artistes avaient fait une révolution. Ils avaient rompu, nous l'avons vu, avec la peinture religieuse banale, toute de pastiche, admirable quand elle exprime la foi, inutile quand elle ne s'inspire que du « déjà vu », la remplaçant |)ar âc la peinture d'histoire d'après le modèle, par la peinture de genre d'après nature.. Ce n'est pas assez. Ocaranza commence à peindre des natures mortes, des scènes de genre et vraiment du pays. Casarin le suit bientôt dans cette voie, et l'école mexicaine est dès lors fondée. Casarin, admirablement doué, réussit dans la manière de Meissonier, dont il fut l'élève, mais trop souvent, aussi, le copiste docile.
Et sous ces influences diverses, la peinture tout entière se développe. Une école de ])aysagistes se crée avec Velasco, Carlos Rivera, Luis Corto et Salvador Murillo (mort en plein épanouissement de jeunesse et de talent). On a su voir, grand secret en art et cependant le plus simple des secrets. On s'est aperçu enfin des beautés de l'admirable nature mexicaine, et il s'est trouvé des artistes pour les exprimer. Velasco est cependant un élève de l'Italien Landesio; il a reçu de son maître le don de la couleur, mais est resté très original et très mexicain. Amoureux de son pays, il a peint le coloris de son ciel et ses tonalités, les teintes
(le ses montagnes et la pureté de ses lacs. Il est le peintre des larges horizons, de cette nature ardente, de cette terre volcanique dans les entrailles de laquelle on sent encore passer la chaleur du feu. C'est un talent mâle et viril. Il ne cherche pas seulement dans la nature le côté pittoresque et poétique qui fait le charme d'Harpignies ou de Dupré. 11 voit grand; il peint les sommets dénudés des âpres Cordillères et la nature tourmentée de la terre mexicaine. Mais son talent ne se limite pas à sa patrie. Il expose à l'étranger, et obtient des récompenses un peu partout.
Aiusi donc, il existe aujourd'hui, ce n'est pas niable, une école mexicaine de peinture, laquelle s'est affranchie des copies d'artistes espagnols ou italiens.
En même temps qu'il possédait des artistes, le Mexique les honorait; ses musées achetaient leurs œuvres. Un grand mouvement se dessinait ; on ne se contentait plus des deux Académies de Mexico et de Guadalajara; des écoles d'art se fondaient dans les villes importantes; ce fut une véritable renaissance qui gagna le pays entier. Le Musée national de Mexico expose les œuvres des artistes nationaux. Tous les genres y sont représentés.
A côté des expositions officielles, des expositions particulières attirent le public, comme celles organisées parles élèves de l'Académie de .San Carlos au profit des victimes de catastrophes publi- (pies et auxquelles les collections privées prêtent leurs toiles. On voit là des Murillo et des Velasquez, des portraits de David et des paysages de Corot, à côté des œuvres d'Ocaranza ou de Parra. Tous les trésors de peinture que possède le Mexique sont exposés, et les visiteurs accourent en foule.
Les églises elles-mêmes deviennent des musées; on y garde précieusement les chefs-d'œuvre anciens; des artistes européens s'installent à Mexico; le peintre allemand Lohr, élève de Piloty, s'y établit; accueillant les artistes étrangers, le Mexique expose lui aussi à l'extérieur. On a remarqué, à Paris, en 1900, les tableaux de Yzaguirre, Martinez, etc. Le goût mexicain se forme.