‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 10 sur 109 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

Le massacre a succédé au combat : cette horde indisciplinée n'obéissant qu'à ses instincts sauvages veutvengerenun jour tant d'années de haine et d'oppression. — Les Indiens surtout tuent et tuent sans pitié ; Hidalgo n'essaya pas d'arrêter les flots de sang qui coulaient autour de lui. Plusieurs millions de dollars furent le résultat de la victoire. (]et immense butin donna une force nouvelle à l'insurrection, en même temps que la nouvelle de la prise de Guanaxuato consternait les Espagnols à Mexico. Vénégas réunit toutes ses forces, rassemble toutes ses ressources et appelle à la hâte vers la capitale les troupes cantonnées sur diflérents points, car malgré la confiance aveugle et insensée des membres de Yaudienda^ la gravité de la situation ne lui échappe point.

Le curé Hidalgo a pris le titre de généralissime des armées mexicaines; un de ses plus braves officiers, AUende, est capitaine général. Cette armée s'avance rapidement sur Mexico, dont Vénégas défend les approches avec un corps de sept mille hommes à peine. Les révoltés en comptaient près de cinquante mille ; mais chefs et soldats n'ont pas la moindre notion de la guerre, et l'indiscipline la plus

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complète règne dans leurs rangs tumultueux.

Pourtant ils battent complètement un des généraux du vice-roi, qui les rencontre près de la montagne de Las Cruces. Mais cette victoire chèrement payée laisse un grand nombre de morts sur le champ de bataille. Si, profitant de ce nouveau succès, Hidalgo eût jeté ses masses indomptées sur Mexico, où le parti révolutionnaire comptait au soin de la population de trèsnombreux partisans, c'en était fait du gouvernement royal ; mais parvenu sur les hauteurs de Santa Fe, le chef !es rebelles prévoyant sans doute qu'un échec jetterait la désorganisation dans ses troupes, qui offrent déjà toute la confusion et le désordre d'une armée mal tenue, s'arrêta, n'osant pas affronter les chances d'un siège et surtout celles d'un assaut redoutable à livrer.

Apprenant d'un autre côté qu'un des généraux royalistes Calleja accourait en toute hâte pour protéger la capitale, et le prendre par derrière, il se rappelle la victoire de Las Cruces, et court à sa reiiconlre ; mais la marche de cette horde indisciplinée s'exécute avec un désordre que les chefs sont impuissants à comprimer.

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