‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 100 sur 109 · LIVRE V» CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V» CHAPITRE II

ainâ accordé aura, sans nul doute, eu pour résultat de lui permettre d'ajouter à ses moyens de défense, tandis que les discussions dans lesquelles on l'a autorisé à entrer sur la question S organisation intérieure du pays lui fourniront un moyen facile de traîner en longueur les négociations. »

Après la lecture de la dépêche que nous venons de citer, est-il possible de conserver aucun doute sur la volonté expresse du gouvernement français, d'agir énergiquement contre Juarez.

Pendant que des instructions nouvelles, envoyées par la France et l'Espagne et ordonnant d'agir avec rapidité et énergie, traversent les mers, Juarez, nous l'avons dit, met le temps à profit, et répand partout des menaces de mort contre tous ceux qui, au sein du pays, seraient ou pourraient être les auxiliaires d'une manifestation nationale.

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Un nouveau sujet de dissentiment ne tarda pas à s'élever entre les plénipotentiaires» au sujet de l'arrivée probable de F ex-président Miramon à Vera Cru?, « La discussion fut si vive, si animée (écrit le général Prim au ministre d'Etat espagnol), que nous avon^ décidé à la fm de la séance que cette discussion ne figurerait pas dans les actes. (Conférence du 25 février.)

En effet, le général Miramon arriva le 27 au soir sur un navire anglais. — Avantquele navire eût jeté l'ancre, il fut accosté par un canot anglais; l'officier qui le commandait avait ordre de transporter Tex-président sur une frégate de guerre anglaise, et de le diriger sur la Havane, ainsi que les personnes qui l'accompagnaient.

Cet acte, entièrement contraire aux conventions arrêtées, causa une profonde irritation à l'amiral Jurien et à M. de Saligny, mais le général Prim, non moins mécontent cpie ses collègues de cet abus de la force, fit cependant tous ses efforts pour empêcher une division entre les alliés, en déclarant toutefois : « que sans la nécessité impérieuse qu'il y avait de cacher au gouvernement mexicain jusqu'à l'apparence de discorde entre les trois puissances, il eût

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protesté d'une manière solennelle contre une pareille conduite. » Le comte de Reuss se trouvait en effet dans une position très-difficile et toute exceptionnelle, créée par la haine instinctive et traditionnelle qui existe au Mexique contre les Espagnols. — Ce sentiment, il l'expliquait dai-* rement dans une dépèche en date du 22 janvier

Cl II n'y a pas dans ce pays (disait-il,) contre les Anglais et les Français, les haines et les rancunes qui existent contre les Espagnols, et ces sentiments mauvais, si immérités qu'ils soient, n'en sont pas moins profondément enracinés ; il est donc indispensable qu'il n'y ait point de sé^ paration entre les trois nations, » — Aussi son rôle de conciliateur était-il tout tracé.

M. Zamacona qui avait été ministre des relations étrangères revint de Mexico avec les envoyés. Le but apparent de sa mission était de joindre des explications verbales à la réponse du gouvernement delà république, et d'assurer les plénipotentiaires de son désir de satisfaire aux réclamations qui lui étaient adressées, en reparant les fautes involontaires qui pouvaient avoir été commises ; mais le but réel était d'obtenir une déclaration officielle ou officieuse qui

reconnût l'existence du gouvernement actuel.

Nous ne parlons même pas d'une demande de rembarquement aussi ridicule qu'inadmissible.

« Il suffira (écrivait le ministre mexicain Doblado, d'appeler l'attention des alliés sur l'état dans lequel se trouve le pays actuellement, pour qu'ils comprennent que le secours d^une force armée est inutile pour consolider le gouvernement existant*

« La république (ajoutait -il) a la confiance que les représentants des trois puissances, à la vue du mouvement de régénération et de plénitude de vie que le gouvernement de la réforme à donné à cette nation autrefois enchaînée par les préjugés, retourneront dans leur pays, et y porteront le témoignage de la consommation de la grande œuvre de la pacification du Mexique. — Le gouvernement mexicain est résolu à faire toute espèce de sacrifice pour prouver aux nations amies que raccouiplissement fidèle des engagements qu'il contracte, sera à l'avenir un des principes invariables de l'administration libérale. »

Ces quelques lignes disent assez la voie nouvelle qu'allait suivre la question mexicaine, — ce n'était plus une expédition militaire, mais

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