LIVRE V, CHAPITRE II
blâmèrent cette proclamation (1), la France surtout regarda comme un fait très-préjudiciable au plan d'expédition primitivement arrêté, le long délai accordé pour discuter des promesses et des engagements qui ne seraient
(1) Proclamation adressée le iO janvier au peuple mexicain par les réprésentants des trois puissances alliées,
Mexicains,
Les représentants de TAngleterre, de la France et de TEspagne, remplissent un devoir sacré en vous faisant connaître leurs intentions, dès leur arrivée sur le territoire mexicain.
La foi des traités, violée par les divers gouvernements qui se sont succédés parmi vous, la sûreté individuelle de nos compatriotes sans cesse menacée, ont rendu nécessaire et indispensable cette expédition. Ceux-là qui font croire, que derrière de si justes prétentions se trouve cachés des projets de conquête, de restauration et d'intervention dans votre politique et votre administration, vous trompent
Trois nations qui acceptèrent et reconnurent loyalement votre indépendance ont droit qu'on les croie animées de sentiments plus nobles, plus élevés et plus généreux que de vouloir vous tromper. Les trois nations que nous représentons, dont le premier intérêt semble être d'obtenir une réparation des griefs qui leur ont été faits, ont un mobile plus élevé et d'une portée plus générale. Elles viennent tendre une main amicale à un peuple auquel la Providence avait
pas tenus. — C'était, en eilet, perdre dans de vaines négociations diplomatiques les mois salubres qui précédaient cette époque terrible, où le vomito viendrait comme un puissant et terrible auxiliaire infester, au profit de Juarez, toute la côte maritime.
Ainsi, le 20 février 1862, M. Thouvenel écrivait à l'ambassadeur de France à Madrid :
prodigué tous ses dons, mais qu'elles voient avec douleur user ses forces et épuiser sa vitalité sous la violente Impulsioa des guerres civiles et de perpétuelles convulsions.
G*est là la vérité, et nous, qui sommes chargés de vous Texposer, nous ne le ferons qu'en vue de vous faire travailler à voire avenir qui nous intéresse, et non dans le but de vous faire la guerre. C'est à vous, exclusivement à vous, sans aucune intervention étrangère, qu'il importe de vous constituer d'une- manière solide et durable.
Votre œuvre sera une œuvre de régénération à laquelle applaudiront tous ceux qui y auront contribué» les uns par leurs opinions, les autres par leur illustration, et tous en général par leur bonne foi. Le mal est grave, le remè !e est pressant; c'est aujourd'hui ou jamais que vous pouvez faire votre bonheur.
Mexicains, écoutez la voix des alliés, ancre de salut pour vous, au sein de la tourmente dont vous êtes environnés; fiez- vous entièrement à leur bonne foi
UVRB V, CUAPITKB U 331
tt .•• Le manifeste adressé au peuple mexicain, par les commandants et plénipotentiaires des puissances alliées, donne évidemment à l'expédition qu'elles ont combinée un tout autre ca^ ractëre que celui qu'elles lui assignaient» et qui les avait amenées à conclure la convention de Londres. Le premier but de l'expédition était d'obtenir la réparation des griefs dont la mesure était comble, et dont l'impunité eût rendu dé«
et à leurs généreuses intentions ; n'ayez aucune crainte des esprits inquiets et malveillants; votre attitude résolue et décidée saura les confondre tout le temps que nous assisterons impassibles au spectacle grandiose de votre régénération, garantie par Tordre et la liberté.
C'est ainsi que le comprendra, nous en sommes sûrs, le gouvernement suprême auquel nous nous adressons ; c'est ce que comprendront les Illustrations du pays auquelles nous parlons, et ce dont les bons patriotes seront forcés de convenir; c'est qu'au lieu de recourir à la voie des armes, le mieux c'est de mettre en avant la raison, qui seule doit triompher dans le dix-neuvième siècle.
Vera-Cruz, le 10 janvier 1862.
Ségné : Charles Lennox, Wyke, Hugh Ddnlop,
Ë. JURIEN DE LA GRAyi^:RE, DUBOIS DE
Salignt, le comte de Redss (général Prim.)
332 MEXIQUE GONTEMPOBAIN
sonnais impossible le séjour des résidents étrangers sur le territoire mexicain,
« C'était donc la déclaration qui devait avant toute autre sortir de la bouche des représentants des trois puissances, dont les escadres et les soldats n'eussent assurément pas été envoyés à la Vera Cruz, s'il y avait eu la moindre chance d'avoir satisfaction du Mexique autrement que par la voie de la coercition. Du moment où la France, l'Espagne et la Grande-Bretagne étaient conduites à unir leurs forces contre le Mexique, dans de telles conditions, une action énergique et prompte était ce que commandaient les circonstances, et puisque la question restait entière quand les escadres combinées arrivaient à la Vera Cruz, puisqu'un acquiescement même tardif aux ultimatums déjà formulés, ne laissait pas entrevoir l'apparence d'une soumission du cabinet de Mexico à nos légitimes exigences, c'était par une action plus décisive qu'il fallait les lui imposer.
(c Le langage tenu par les commandants et plénipotentiaires alliés n'a pu, au contraire, qua rendre confiance au gouvernement mexicain ea lui apprenant que l'on se prêtait encore à négocier avec lui. Le répit inattendu qu'on lui a.