LIVRE V, GHAPITBE II
La première : — Etre toujours d'accord sur les points importants avec une des deux puissances signataires de la convention du 31 octobre, afin d'augmenter son influence et de combattre plus puissamment la mauvaise volonté qu'il pouvait rencontrer près du gouvernement mexicain, u en raison des haines et des rancunes conservées contre les Espagnols, sentiments immérités, mais profondément enraci*nés au sein de la nation mexicaine (1). »
La seconde pensée du général Priin, non moins prépondérante dans son esprit, était de conserver dans les négociations, cette suprématie que lui donnait son effectif militaire, supérieur en nombre à celui des autres puissances. « L'élément espagnol (dit-il dans une autre dépêche en date du 27 février) doit toujours dominer, soit à cause des liens qui existent entre le Mexique et l'Espagne, soit parce que celle-ci a pris l'initiative de l'entreprise. » — Etrange contradiction qui change la haîne et les rancunes des Mexicains si profondément enracinées au cœur de la nation en liens qui les rattachent à F Espagne !
(1) Dépêche du général Priai. — 22 janvier 1861.
35i2 MEXIQUE CONTEMPORAIN
• Mais il faut l'avouer, le rôle du plénipotentiaire espagnol était difficile, car il était double, et son gouvernement appréciant les embarras de sa situation, touten désapprouvant plusieurs de ses actes sans les désavouer pourtant, laissait à sa vieille expérience, à son tact et à son habileté diplomatique la plus grande latitude. L'annonce de l'arrivée du général de Lorencez avec un renfort de 3,000 hommes porta un coup fatal au comte de Reuss, et fut pour lui un profond sujet de mécontentement et de désappointement ; car par ce fait, les forces espagnoles devenaient inférieures en nombre à celles de la France^ et le rôle du général était nécessairement amoindri.