‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 103 sur 109 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Quant à l'Angleterre, sa position était parfaitement tranchée et clairement définie. — Dès le début, elle avait déclaré qu elle ne reconnaissait pas l'utilité d'une expédition dans l'intérieur, qu'elle ne s'y opposait point si les nations alliées la jugeaient utile, mais qu'elle ne s'y associerait pas. Sa politique n'avait pas changé ; tout ce qui pouvait amener un traité et une juste satisfaction à ses demandes par la voie diplomatique rentrait dans la mission qu'elle s'était donnée : ses agents seuls avaient outrepassé leurs droits : — premièrement en voulant apprécier et modifier l'ultimatum de la France ; — secondement en s'emparant de leur propre autorité de la personne de Tex-président

Miramon, pour empêcher son débarquement sur les côtes mexicaines.

Après les conventions de la Soledad, on fit courir le bruit que l'empereur Napoléon avait demandé le rappel du général Prim. — Ce bruit, dont on retrouve les traces dans la correspondance de lord Russell, et sur lequel M. Thouvenel s'explique clairement, fut nettement démenti par la note du Moniteur.

« L'empereur Napoléon laissait les autres gouvernements juges, comme ils l'entendraient, de leurs intérêts et de leur honneur, son gouvernement se bornait à désaprouver hautement la convention conclue avec le général mexicain Dobladopar le général Prim, et accepté ensuite par les plénipotentiaires des puissances alliées, parce que cette convention lui semblait contraire à la dignité de la France. »

Ce désaveu frappait non pas la personne de l'honorable amiral Jurien de la Gravièi^, mais l'acte au bas duquel il avail apposé sa signature pour ne point se séparer de ses collègues et ne point jeter un nouveau germe de désaccord qui eût pu amener de graves complications. — Ces complications vinrent d'elles-mêmes et celte rupture difl'érée se réalisa peu après.

Page 1