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violation de tous les engagements contractés, de violences et d'exactions contre les nationaux étrangers. — C'était enfin de dire au peuple mexicain: «Cessez de trembler, vous n'êtes plus les victimes vouées à la vengeance des partis ; nous sommes-là pour vous protéger, vous défendre, et assurer non-seulement la liberté de votre vote sur la forme de gouvernement que vous préférez, mais pour surveiller l'exécution de ce vote. »
En respectant l'indépendance du peuple mexicain, les puissances alliées offraient leur appui moral et leurs conseils. — L'Espagne, la France et l'Angleterre coopéraient, dans des proportions diverses, mais coopéraient toutes à ce but accepté. Si le parti monarchique triomphait et que la nation mexicaine voulût appeler un prince étranger sur le trône, l'archiduc Maxiuiilien était celui (cette hypothèse arrivant) dont le choix serait vu sans mécontentement par les gouvernements de la France et de l'Angleterre ; — Là se bornait l'action de la France, d'accord en cela avec la Grande-Bretagne, et M. Thouvenel, notre ministre des affaires étrangères, plusieurs fois interpellé par l'ambassadeur d'Angleterre, répondait très-catégoriquement :
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« Aucun gouvernement ne sera imposé au peuple mexicain (1). »
Déjà antérieurement, c'est-à-dire à la date du 5 février, le comte Cowley écrivait au comte Russell : « J'ai observé à M. Thouvenel que j'étais tenu d'informer le gouvernement de Sa Majesté, dans le cas où j'aurais quelques raisons de croire que la stipulation de non inter* vention dans les affaires du Mexique, introduite dans la convention du 31 octobre, pourrait être mise de côté, M. Thounevel m'a répondu : que le gouvernement impérial ne tenterait pas (J'im-» poser un gouvernement quelconque au peuple mexicain. »
Lord Cowley écrit un autre jour au comte Russell : « J'ai cru nécessaire de questionner M. Touvenel au sujet de la candidature de l'archiduc Maximilien. Je lui ai demandé, si des négociations étaient pendantes entre la France et l'Autriche relativement à l'archiduc. S. E. m'a répondu négativement. Elle m'a dit : que des négociations avaient été entamées par des Mexicains seuls, qui s'étaient rendus à Vienne dans ce but. »
(1) Le comte cowley au comte Russell, 2 mal 1662.
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Ces documents puisés dans la correspondance de lord Cowley avec le premier ministre d' Angleterre, étaient importants à connaître. De la lecture sérieuse des pièces espagnoles et anglaises, il résulte en outre clairement que ces deux gouvernements était désireux, en dehors de toute autre question politique, de consolider le gouvernement de Juarez, pour peu que celui-ci donnât satisfaction à ses réclamations. — C'est pour cette raison plus que pour aucune autre^ que le général Miramon fut empêché de débarquer sur les côtes mexicaines, et que la venue du général Almonte et de quelques-uns de ses partisans excita de si vives réclamations.
Ce n'était pas, comme on a voulule prétendre, la guerre civile qui entrait au Mexique par deux portes, c'était une lutte régulière et loyale entre les partis opposés, demandant à la nation de prono'ncer entre eux, — c'était le peuple mexicain appelé à décider lui-même de sa destinée.
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— La guerre civile était-elle donc éteinte de fait par la présence de Juarez au pouvoir, et pouvait-on raisonnablement dire que le parti monarchique n'existait pas, parce qu'il ne donnait aucun signe de vie ? N'était-il pas, comprimé par des décrets sanguinaires, par des menaces de mort, et privés de ses chefs, promoteurs énergiques et ardents qui lui eussent rendu foi et courage, tandis que le gouvernement républicain, au contraire, tenant en main le pouvoir, usait naturellement de toutes les ressources de ce pouvoir, non au profit d'un vote impartialement demandé à la nation, msds au profit de sa propre cause. — C'était le droit du plus fort, le meilleur et le plus sûr des droits sur la terre. — La non-intervention existait-elle ou pouvait-elle exister, du moment qu'il fallait protéger une partie de la nation contre les violences de l'autre, cette protection, seule garantie d'avenir, n'était-ce pas là le but nettement défini, hautement avoué, de la première note envoyée par les plénipotentiaires alliés ?
Les faits eux-mêmes et l'attitude du gouvernement mexicain donnèrent bientôt raison à ceux qui blâmaient la convention de la Soledad et le rôle de patience et de temporisa-
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tion qu'avaient adopté les plénipotentiaires» contrairement aux instructions de leur gouvernement ; bientôt il fut facile de comprendre que des mesures énergiques seules eussent amené un résultat prompt et décisif, — L'amiralJurien de la Gravière en fut plus que tout autre convaincu ; il ne tarda pas non plus à comprendre que la prépondérance exercée par le comte de Reuss dans toutes les négociations ainsi que la suprématie, tacitement accordée à sa personne et à sa position, étaient non-seulement contraires à T égalité qui devait régner entre les^plénipotentiaires, mais au rôle assigné à la France dans toutes les grandes questions politiques auxquelles elle prend part.
Dans une lettre datée de Tehuacan, le 20 mars, Tamiral français crut devoir s'expliquer très-franchement sur ces deux points avec le comte de Reuss.
« Je n'ai pas, (lui disait-il) , envie plus que vous de brûler nos vaisseaux sur un prétexte futile ; j'ai toujours été disposé à reconnaître qu'il fallait éviter d'épouser ici d'une façon trop apparente la cause d'un parti constitué en minorité, mais en même temps, je n'ai jamais manqué de vous faire connaître la nature des conseils que
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je voulais donner à tous les partis qui divisent le Mexique. Pour atteindre ce but, j'ai pensé que les voies de conciliation était les meilleures ; voilà pourquoi, j'ai signé avec empressement la convention do la Soledad, pensant que cette trêve nous laisserait le temps d'agir sur les esprits, sans paraître les violenter. Lorsque M. le général Doblado nous a notifié récemment les mesures de proscription qu'il venait d'adopter, il m'a paru qu'il n'était point de notre dignité d'y souscrire et je me suis montré prêt ^porter sur ce terrain la déclaration de rupture. Le gouvernement mexicain pourrait nous accorder la plus complète satisfaction au sujet de nos réclamations respectives, que nous n'en serions pas plus avancés pour cela. Ce ne sont point des traités plus ou moins avantageux qu'il nous faut, c'est la certitude que le gouvernement qui les aura signés, aura la force et la volonté d'en maintenir l'exécution. Les dernières instructions que j'ai reçues sont formelles sur ce point. Je suis également d'avis d'exiger qu'une amnistie complète, sans condition et sans réserves, nous permette de consulter les vœux véritables du pays, o
Ainsi la question était nettement posée. —
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Combien elle était contraire à la politique qui dirigeait les actions des deux autres nations, et par quelle erreur pouvait-on croire un instant qu'il serait possiMe de marcher d'accord vers des buts si diatnétralement opposés.
Abordant le second point, Tamiral français toucha le vif de la question, mais le toucha avec cette franchise et cette loyauté de caractère qui lui sont propres.
« Vous savez, qu'avec vous, mon cher général (écrivait-il), j'ai l'habitude de parler sans réticences, et de découvrir toujours le fond de ma pensée. Vous avez ici par votre conduite mesurée et prudente rendu un immense service à votre pays, mais c'était à mon avis une faute que d'avoir donné à notre expédition une couleur trop exclusivement espagnole, d'abord en vous laissant le contingent de beaucoup le plus considérable, ensuite en réservant à votre illustration personnelle et à vos connaissances militaires le soin de vous créer un rôle tellement , prépondérant, que l'action des autres plénipo tentiaires devait naturellement s'efifacer un peu devant la vôtre.
« Je ne mets pas en doute, quoiqu'on ne m'en ait rien dit, que l'Empereur, lorsqu'il s'est dé-
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cidé à envoyer ici une nouvelle armée et un gé« néral pour commander ses troupes, n'a pu avoir en vue que de dégager l'action de la France et de lui réserver Tentière liberté de ses décisions. A coup sûr, je n'interpréterai pas cette détermination comme un affaiblissement de notre alliance, qui m'oblige, quand mes sympathies ne m'en feraient pas un devoir, à prêter le concours le plus actif et le plus dévoué à l'armée espagnole dans quelque position qu'elle puisse se trouver; mais je dois en même temps, je crois, considérer l'importance donnée à mon commandement comme un avertissement de ne subordonner mes vues politiques à celles d'aucun autre plénipotentiaire. Je m'étonnerais, mon cher général, de ne pas continuer à marcher d'accord avec vous, car, je vous le répète, je ne désavoue rien de ce que nous avons fait en commun. Vous me permettrez seulement de me tenir un peu plus en garde que je ne l'ai fait jusqu'ici contre les habitudes d'une déférence qui s'adressait bien plus encore à votre caractère personnel qu'à votre position supérieure. Je suis décidé, en un mot, à poursuivre à mes risques et périls, le but que je veux atteindre. Je désire profiter, pour y arriver, de la sympathie