‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 13 sur 109 · CH4P1TRE V · texte numérisé non relu

CH4P1TRE V

Après la mort du prêlre Hidalgo, les révoltés parcoururent le pays avec des bandes armées, et sur tous les points se renouvelèrent le pillage et les massacres. Seulement, la révolution n'avait plus de tête ; les guérillas occupaient seuls toutes les communications, et sans ordre régulier dans leurs mouvements, battaient le pays au hasard.

Mais bientôt, un nouveau chef apparut : ce chef était un des principaux généraux du curé de Dolorès; il s'appelait le curéMorelos. — Actif, énergique, d'une bravoure éclatante; il n'avait pas l'implacable cruauté de son prédécesseur. — Il combattait, mais ne massacrait pas après le combat. — 11 eut bientôt réuni à son appel

les bandes éparses des anciens lieutenants d'Hidalgo, et organisé le mouvement révolutionnaire. A son début, la victoire accompagna ses pas, mais ces victoires stériles n'avançaient point la cause de l'indépendance, qui se débattait en vain dans le sang de ces combats partiels.

Toutefois, il était évident que les forces vives de l'Espagne s'usaient dans cette lutte sans issue, et les années en s' écoulant, loin d'éteindre les haines de la nation indignée contre les Européens, semblaient raviver les ressentiments. Parmi tous les généraux espagnols, le général Calleja surtout se signala par des cruautés sans exemple, et sa froide et implacable barbarie contribua à donner à cette guerre un cachet de sauvagerie qui soulève le cœur. Les malheureuses villes prises et reprises, étaient doublement ensanglantées par de funèbres représailles 5 — la désolation régnait partout; l'espérance n'était nulle part. Les vainqueurs de .la veille devenaient le3 vaincus du lendemain; mais toujours chaque fois la mort avait sa large part.

Cette seconde période offre cependant au milieu du bouleversement général des actions de guerre sérieuses.

Page 1