CHAPITRE II
Il D'entre pas dans le cadre restreint de cet ouvrage de suivre la marche errante des diverses peuplades qui, après plus d'un siècle de misères, d'attaques incessantes, de souffrances, de servi* tudes, finirent par jeter les preoûers fondements de la capitale de l'empire Mexicain.
Ce fut en 1325 que les Aztèques purent se fixer définitivement sur une petite île dans la partie occidentale du lac de Texcuco, à un endroit qu'ils appelèrent Mexicalzingo , du nom du dieu de la guerre. — Leur premier soin ut de construire un temple (téocalli). Autour de ce temple eu bois où ils déposèrent les images de leurs divinités, ces peuples primitifs groupèrent quelques habitations de joacs et
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de roseaux, ces humbles et pauvres réduits marquèrent la place où s'éleva la grande cité de Tenochtitlan, connue depuis sous le nom de Mexico.
Les chefs de cette tribu qui devait bientôt former une nation puissante et imposer ses lois aux peuples voisins, étaient choisis parmi ceux qui s'étaient distingués le plus par leur valeur dans la guerre et par leur sagesse dans les conseils. — Parmi ces chefs, un jour il y en eut un qui domina les autres par l'énergie de sa volonté, et celui-là réunit entre ses mains l'autorité suprême. — Ce fut le premier souverain du Mexique.
Cette nation qui naissait à la force et à la puissance eut souvent à lutter contre les petits Étals voisins qui ne pouvaient, sans un sentiment de haine et de jalousie, voir se constituer si près d'eux un royaume rival.
Mais le temps d'épreuves marqué par la Volonté de Dieu était terminé ; chaque année devait voir grandir et prospérer le nouvel empire. Les Mexicains, devenus redoutables à leurs ennemis, n'étant plus en butte à leurs attaques incessantes, purent s'occuper dans les loisirs d« la paix à construire une ville, là où leurs ha-
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bitatious primitiyes témoignaient delà pauTreté de kttr origine.
Ahuitzolt, boitième roi da Mexique, fit élever un temple pyramidal dont les colossales proportions rappelaient les monuments d'Egypte et d'Asie. 11 fit aussi construire un grand aqueduc qui amena au sein de la ville des eaux salubres et abondantes dont elle était privée. «-• Peu à peu l'arcbitecture des édifices publics et celle même des maisons particulières signale- Fent les premiers pas de la civilisation qui se Msait jour au milieu des traditions barbares de l'idolâtrie ; car le sang faumain coulait sur les autels des dieux et les sacrificateurs cherchaient, dans les entrailles des victimes vouées à la mort, des pronostics de gloire et de prospérité pour la nation.
Uoe grande partie des États circonvoisins étaient devenus tributaires de Mexico. Quelquesuns même avaient été annexés à ce royaume, qui recula ainsi ses frontières et vit s'aggrandir considérablement sa puissance et son territoire. Toutefois il était circonscrit par des peuplades ennemies, ses rivales haineuses et implacables. Une grande partie des montagnes était habitée par les barbsures otomites, débris sauvages
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des premiers habitants de la contrée. Les provinces du nord et de l'ouest étaient possédées par les Ghichimèques et par diverses peuplades indépendantes qui ne reconnaissaient pas le souverain de Tenochtitlan. — A Test, plusieurs États enclavés dans la plaine s'étaient constitués en république, tel que Tlascala, à vingt lieues environ de la capitale de l'empire mexicain, Cholula, plus voisine encore, et Tepeaca. — Le royaume de Mechoacan surtout, qui s'étendait depuis l'ouest des États mexicains jusqu'à l'océan Pacifique, avait voué une inimitié implacable à cet empire naissant, dont les racines déjà puissantes touchaient à son territoire.
Montezuma II ou Moteuczoma était sur le trône. — C'est à tort que l'on a représenté à cette époque les souverains de Mexico comme n'ayant d'autres lois que leur volonté absolue.
La noblesse mexicaine, au contraire, exer-