LIVRE I, CHAPITRE YT G
et l'enthousiasme qui avait accompagné les premiers chefs de la révolution éclatait avec des manifeitalions bruyantes : — grands et petits se rangeaient sous le drapeau révolutionnaire, les populations accouraient en masses.
Qui ne connaît pas ces ovations populaires, caresses éphémères du tigre prêt à dévorer?
Qui n'a pas vu ces héros portés sur le pavois de la plus frénétique popularité, accusés, oubliés, méconnus, haïs même souvent par ceuxlà même qui tressaient sur leur passage des couronnes triomphales? Iturbibe était l'étendard qui sortait de l'ombre dans lequel des mains fidèles l'avaient caché; c'était lui que toutes les voix saluaient : c'était la pensée attachée à ce drapeau qui enivrait tous les cœurs. — Le nouveau chef avait, nous l'avons dit, très-habilement appelé et réuni les éléments révolutionnaires divisés jusqu'alors ; le général espagnol Negrette et le colonel Bustamente, mécontents de la nomination de Novella qu'ils ne voulaient pas reconnaître comme vice-roi, s' étaient joints aux révoltés avec les troupes placées sous leurs ordres. — Toutes les provinces proclamaient le projet de constitution proposé par Iturbibe.
Novella était enfermé dans Mexico, avec un
l)etit nombre de soldats, sans force, sans puissance, sans autorité. — La digue était rompue, le torrent révolutionnaire débordait. — L'heure (le lindépendance avait enfin sonné pour le Mexique.
Iturbibe pourtant n'enlevait pas entièrement aux Espagnols cette belle colonie, qui restait gouvernée au nom du roi d'Espagne. Le seul moyen de conjurer la tempête qui menaçait de tout engloutir, était de traiter avec celui que les populations appelaient : le libérateur. Un nouveau vice-roi, Don Juan O'Donoju arriva à Ycra Cruz; pressé par Iturbibe qui se rencontra avec lui à Cordova, il reconnut au nom du roi d'Espagne l'indépendance du Mexique, et accepta les différents articles de la constitution qu'avaient consacrée de si unanimes adhésions.
Le 27 septembre 1821, date à jamais mémorable pour les Mexicains, l'armée de l'indépendance arriva devant Mexico, les portes lui lurent ouvertes et elle entra pacifiquement dans la capitale. — Aucun acte de vengeance ou de cruauté ne vint attrister ce beau jour. Novella et tout son parti quittèrent le territoire mexicain : les propriétés et les intérêts de tous, sans