LIVRE I, CHAPITRÉ VI
distinction de race, furent religieusement respectés.
Le vice roi O'Donoju pouvait-il agir autrement? Le sol était niiné; chaque pas qu'il eût fait en avant eût été vers Tabîme.
Il y a dans la vie des nations, comme dans celle des hommes, de tristes nécessités qu'il faut savoir accepter lorsque la destinée les envoie. La volonté d'un peuple qui reprend sa nationalité et secoue un joug étranger, est une chose sainte et sacrée que Dieu protège et que les hommes ne pourront jamais empêcher.
Le gouvernement espagnol, bien que réduit aux dernières limites de l'impuissance et dans l'impossibilité de comprimer ce réveil de l'indépendance dans la nation mexicaine, déclara nul et non avenu le traité de Cordova. Croyant encore en ses propres forces, il résolut d'envoyer des renforts aux derniers corps espagnols qui étaient encore maîtres du fort Saint-Jean d'UIloa. — Étrange aveuglement!
Le nouveau gouvernement s'est organisé rapidement, cinq membres composent la régence, et une junte de trente-six membres est instituée. — Iturbibe, nommé généralissime, préside cette régence qui concentre dans ses mains tout le pouvoir.
Mais les dissensions un instant apaisées ne devaient pas tarder à agiter de nouveau le Mexique encore brisé par cette lutte sanglante contre ses dominateurs, et le malheureux Iturbibe enivré par son rôle de triomphateur n'allait pas tarder à voir s'éloigner de lui cette fortune qui l'avait élevé si haut. Le congrès lui était devenu hostile, tous ses décrets et tous ses actes dénotaient cette hostilité qui ne pouvait manquer de le renverser, si ses partisans, par un acte audacieux, n'arrachaient pas à leurs ennemis la part d'influence qui échappait déjà au généralissime; ils organisèrent une sorte de