‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 28 sur 109 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

De cette époque date une nouvelle ère de révolutions. — On n'allait plus combattre pour un changement de personnes, mais pour un changement, ou plutôt pour un renversement total de la forme gouvernementale qui régissaut la république ; les fédéralistes et les cen* tralistea allaient reparaître sur la scène politi* que, et une comédie étrange allait se jouer, comédie risible, si elle n'eût souvent tourné au , drameet amené de nouveau les sanglantes luttes de la guerre civile.

Etrange et triste spectacle ! — Le président

i Siota Anna combattant ceux qui veulent lui

donner le pouvoir absolu d'un dictateur, afin

I de donner confiance au parti purement démo»

cratîque et arriver plus sûrement à cette dictature et à la centralisation du pouvoir dans les mains d'un seul homme.

L'état de Valladolid leva le premier le nouvel étendard de révolte. Dans un pronunciamémo, ridicule parodie des assemblées délibératives, les révoltés demandèrent la dictature pour le président. Plusieurs Etats se rangèrent à ce parti, qui ne tarda pas à rencontrer de nombreux partisans. — Des généraux et des co* lonels firent appel à l'armée, et entraînèrent plusieurs garnisons. — Parmi les plus exaltés se montrait le général Duran,

Santa Âona, intérieurement flatté de ce mouvement, dont le but était de le revêtir d'un pouvoir dictatorial, parut cependant condamner ces manifestations qui, selon lui, faussaient le principe sacré de la constitution. Il demanda au congrès de marcher contre les perturbateurs du repos public. — Le congrès battit des mains à cette grande preuve de désintéressement qui armait Santa Anna contre ses plus anciens et ses plus fidèles amis ; car son nom était dans toutes les bouches, et c'était lui que chaque pronunciamento, tenu dans les diverses villest désignait comme chef absolu. C'était, on le voit,

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