LIVRE II, CHAPITRE II
en arrêtant tout commerce et toute industrie.
Dans le même moment, deux décrets contre les milices et les couvents, oflrirent à Santa Anna Toccasion quil attendait de rompre ouvertement avec le parti qui tenait encore pour la république fédérative, en s'appuyant sur trois puissances redoutables, Tarmée, le clergé et Taristocratie. — Il prononça la dissolution des chambres ; toutes les réformes furent annulées, et les Espagnols, bannis par un récent décret, furent autorisés à rentrer sur le territoire de la république.
Quelques provinces du Nord se soulevèrent contre ce nouvel ordre de choses, qui tendait à détruire le principe fédéral en faveur de T unité du pouvoir. — Santa Anna, soutenu par Tassentiment des masses et de l'armée, qui demandaient une modification dans la constitution, marcha énergiquement contre les révoltés, et les rencontra dans les plaines de Guadalupe.
On s'y battit avec achai-nement : — c'étaient deux principes politiques qui étaient en présence, et Tundes deux devait y périr. Le sang coula, mais Santa Anna put dire qu'il coulait pour la cause de la république, et non pour
î l MEXIQUE CONTEMPORAIN
celle d'une ambition personnelle. — Son habileté avait voilé le but et aggrandi l'arène.
La cause des fédéralistes était désormais perdue. Les partisans de Tunité du pouvoir triomphaient avec Santa Anna dans les plaines de Guadalupe. — De tous côtés, les populations envoyaient des pronunciamentos qui demandaient de modifier les institutions fédérales, et le congrès s'assembla le 29 juillet 1835.
Il y eut bien quelques opposants, mais leur voix s'éteignit sans écho ; la majorité étouffa leurs derniers cris et un nouvel acte constitutionnel fut décrétd*jjui, foiît ê*n**f onservant les formes républicaines, centralisait le pouvoir suprême dans la capitale. — Cette nouvelle constitution de la république mexicaine fut proclamée le 23 octobre.
C/est il ce moment de l'histoire du Mexique, ou plutôt des révolutions mexicaines, que des troubles sérieux éclatèrent au Texas, troubles