LIVRE II, CHAPITRE II
suyé par les troupes mexicaines dans cette contrée éloignée. — Le congrès vota et ordonna une nouvelle expédition au Texas, mais des troubles intérieurs arrêtèrent ces résolutions belliqueuses et ce fut contre eux-mêmes que les Mexicains tournèrent leurs armes.
A San Luis de Potosi une insurrection éclata en faveur de la constitution de 1824 qui venait d'être abolie. — Dans les États de Rlichoacan et de,Tampico se leva aussi T étendard de la révolte ; comme toujours des généraux mécontents et ambitieux prenaient parti pour les insurgés et se mettaient à leur tête. — S'ils étaient vainqueurs, ils gagnaient de Tinfluence et de la popularité ; s'ils étaient vaincus, ils se retiraient dans quelques terres éloignées en attendant un moment plus propice à leur ambition. — Ainsi s'épuisaient les forces, la considération, la dignité de cette république dont cherchaient à se détacher, nous l'avons vu, d'importantes provinces qui eussent pu contribuer grandement à sa prospérité et à sa grandeur. Les Texiens comptaient bien sur ces luttes continuelles des partis entre eux, qui minaient les forces vives de la république mexicaine et l'empêchaient forcément de porter au loin ses armes si nécessaires
et si fréquemment employées à Tintérieur.
Cette fois l'insurrection qui appartenait au parti fédéraliste fut facilement réprimée; mais les ressources du pays étaient épuisées, et il ne pouvait mettre une nouvelle armée en campagne. Le Texas en profita pour entamer des négociations avec les États-Unis, qui voyaient d'un œil favorable cette province se séparer du Mexique.
Nous ne chercherions point à pénétrer dans le dédale presque inextricable des luttes intérieures du Mexique, si cette étude n'avait pas son importance pour bien apprécier la question qui s'agite aujourd'hui. — Dérouler le tableau de ces guerres civiles qui se succédaient sans interruption depuis près de quarante ans, c'est montrer lucidement à tous les yeux par quelle pente fatale la république mexicaine est arrivée à un état de désorganisation complet, fruit du désordre et de l'anarchie.
Aux élections qui suivirent la retraite volontaire de Santa Anna, l'ex-président put voir le discrédit dans lequel il était tombé. Quelques voix lui restèrent à peine, et le général Bustamentefutélu.
Le nouveau dictateur, pour porter un dernier