LIVRE II, CHAPITRE II
coup à son rival accablé, présenta la situation de la république sous les couleurs les plus sombres, et déclara en même temps que son unique pensée serait de venger Thonneur des armes mexicaines compromises au Texas.
Les événements se chargèrent eux-mêmes de modifier ce programme belliqueux, qui cependant était bien approprié aux circonstances, car la Californie et le Nouveau Mexique avaient imité le Texas, et faisaient entendre le même cri d'indépendance et d'insurrection. Enfin, de quelque côté que se tournât le gouvernement mexicain, il ne rencontrait que troubles, désunion, mécontentements, révoltes. — Aussi le nouveau président ne mit pas à exécution ses pompeuses promesses. — Le pays était épuisé d'hommes et d'argent.
D'ailleurs, de nouveaux embarras venus de l'intérieur allaient compliquer encore une situation déjà si difficile. — Les nations étrangères avaient depuis longtemps à se plaindre du peu de considération que la république mexicaine montrait envers leurs agents, et surtout envers leurs nationaux exposés à toutes sortes de vexations et d'actes arbitraires, résultats des sentiments de haine et de suspicion qu'inspi-
rait tout étranger au peuple mexicain. — Des assassinats odieux étaient même restés impunis, et les réclamations adressées au gouvernement, pour mettre un terme à une semblable situation, n'avaient produit aucun résultat.
Les mêmes causes qui contraignent aujourd'hui l'empereur Napoléon à porter au Mexique les armes de la France, avaient amené à cette époque le roi Louis-Philippe, alors sur le trône de France, à envoyer une escadre devant Vera Ctuz. L'attitude hostile du gouvernement de la république envers les étrangers portait, en efTet, non-seulement atteinte à la dignité nationale, mais aussi aux intérêts individuels les plus sérieux.