‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 36 sur 109 · UVRE II, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

UVRE II, CHAPITRE III

bombardes, arriva dans les derniers jours d'octobre devant Vera Cnjz et se réunit aux bâtiments du commandant Bazoche.

Le contre-amiral Baudin, bien persuadé que les dernières démarches conciliatrices qu'il devait encore tenter, resteraient sans effet, fit reconnaître avec le plus grand soin les points sur lesquels pourrait s'opérer un débarquement, et principalement le banc de la Gallega, qui s'étend au nord de Saint-Jean d'Ulloa, et qui paraissait très-favorable pour recevoir un corps de troupes. — Le prince de Joinville fut chargé de cette importante et difficile exploration.

Après avoir fait le tour du fort et en avoir reconnu les abords, le jeune prince, entrant dans Teau jusqu'à la ceinture avec les officiers qui l'accompagnaient, s'avança audacieusement même au pied des glacis.

Pendant ce temps, le commandant Leray avait reçu Tordre de tenter auprès du gouvernement mexicain une dernière négociation. — Les résultats en étaient prévus, et dès son arrivée, le commandant put se convaincre de l'inutilité de cette tentative. Après avoir attendu trois jours une réponse catégorique, il apporta à l'amiral une lettre par laquelle le ministre des affaires

étrangères lui demandait d'ouvrir des conférences pour terminer le différend qui séparait les deux pays. — C'était une démarche sans but, une dernière tergiversation. — L'amiral accepta cependant, afin de bien montrer que la France, prête à lever le bras pour foudroyer ses ennemis, voulait épuiser jusqu'aux chances les plus incertaines d'un accommodement conciliateur. — Il se rendit à Jalapa, lieu de réunion proposé par M. Cuevas, ministre des affaires étrangères du gouvernement mexicain.

Les conférences n'amenèrent rien de nouveau, car la France prenait pour base première de tout arrangement possible son ultimatum du 21 mars 1837, et le Mexique, sans vouloir s'en gager à rien, regardait comme un droit d'imposer des emprunts forcés aux étrangers, mesures arbitraires qui mettaient les propriétés, les biens et même la liberté de ces étrangers à la merci d'un despotisme sans bornes.

Page 1