‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 38 sur 109 · LIVRE II, CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IH

des bastions vient de sauter aussi, engloutissant sous ses décombres les pièces d'artillerie et leurs servants mutilés. Dès lors, Tissue de la lutte n était plus douteux, et les bâtiments français, quoique ayant eu grandement à souffrir de leur côté, redoublent d'énergie; leurs boulets meurtriers frappent incessamment les murailbs ébranlées du fort dont le feu se ralentit sensiblement. La nuit seule fit cesser le combat, et l'amiral s'apprêtait à achever le lendemain la destruction de la forteresse, lorsque des officiers parlementaires vinrent demander une suspension momentanée d'hostilités que l'amiral Baudin refusa, en offrant à la garnison une capitulation tonorable. — La défense était impossible ; de toutes parts les murailles étaient ébréchées, un grand nombre de pièces hors de service gisaient égueulées sur leurs affûts brisés, au milieu des cadavres que l'on n'avait pas eu le temps d'ensevelir. Les munitions manquaient par suite de l'explosion des poudrières, et le découragement qui s'était emparé des troupes, disait assez que le commandant ne pouvait, dans une semblable situation, songer à repousser un assaut.

La capitulation fut donc signée, et le pavillon

français flotta sur les remparts ennemis. Par suite d'une convention stipulée le jour de l'occupation du fort Saint-Jean d'UUoa, la garnison de Vera Cruz fut réduite à mille iiommes. La France, avec une générosité que le gouvernement mexicain ne sut pas apprécier, ne traita pas cette ville en ville vaincue, et, lui rendant la vie et le commerce, ouvrit son port aux pavillons étrangers. — L'amiral stipula des indemnités et s'engagea à remettre la citadelle aux autorités mexicaines, aussitôt qu'un traité de paix aurait été régulièrement conclu entre les deux pays.

La nouvelle de la prise si rapide du fort de Saint-Jean d'Ulloa frappa la capitale comme un coup de foudre. L'irritation fut portée à son comble au sein de la population, et, loin d'apprécier la modération de la France après la victoire, le congrès refusa de ratifier la convention signée par le général Rincon, qui

Page 1