‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 44 sur 109 · LIVRE III, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE I

née, surtout sur Taile gauche des Américains que le général Ampudia attaquait avec des forces considérables. Vers le soir, les Mexicains restaient maîtres deshauteurs sur le flanc gauche delà position, et les deux armées, attendant le lever du jour pour reprendre le combat, bivouaquèrent en présence l'une de l'autre.

Le lendemain matin, en effet, la bataille recommence toujours du côté de l'aile gauche que Santa Anna fait soutenir par une nouvelle division, pendant qu'une colonne d'infanterie et de cavalerie, ayant avec elle de l'artillerie, attaque par )a route, mais sans succès, le centre de la position américaine. — Un instant le peu de solidité d'une partie des volontaires américains, faillit compromettre la journée ; écrasés par rartillerie mexicaine, dont le feu était très-violent et très-suivi, ils se replièrent en désordre derrière la ferme de Buena Vista, en cherchant dans les ravins un refuge contre le feu de l'ennemi ; il fallut qu'une portion des troupes de l'aile droite vint les ramener au combat ; mais alors reprenant l'offensive, ils regagnèrent peu à peu le terrain perdu.

Santa Anna manœuvre pour se prolonger sur les derrières cle l'armée américaine, il rencontre

les tirailleurs du Mississipi qui le forcent à reculer. — La bataille est devenue générale ; de tous côtés Tennemi cherche à entamer le petit corps du général Taylor, qui résiste énergiquement; la cavalerie mexicaine fait d'inutiles efforts et se conduit bravement.

Santa Anna voit bien que cette victoire qu'il croyait si facile est bien près de lui échapper, et que ses troupes sont déconcertées par la résistance qu'elles éprouvent et par les morts qui jonchent le champ de bataille. Il veut tenter un suprême effort et fait avancer ses dernières réserves. Cet attaque est .si vigoureusement exécutée que Tinfanterie américaine est forcée de se réplier précipitamment, en abandonnant trois pièces de canon. La cavalerie s'élance à sa poursuite, et alors le combat s'engage corps à corps ; Mexicains et Américains savent que c'est à cette heure que se décident les destinées de la bataille, et il est diflScile d'apprécier de quel côté penchera la victoire.

L'artillerie américaine fait des prodiges, — les Mexicains entamés par les boulets qui ravagent leurs rangs perdent pied et finissent par s'enfuir en désordre.

Page 1