LIVRE III, CHAPITRE I
La journée de Baena Yista fut un brillant fait d'armes pour les troupes américaines et pour le vaillant chef qui les commandait. — Leurs pertes furent considérables, eu égard au petit nombre de combattants qu'ils avaient en ligne : on révalue à sept cent vingt-trois hommea hors de combat, à peu près le sixième des forces engagées. Les Mexicains perdirent de quinze cents à deux mille hommes, disent les rapports.
Santa Anna se retira, pendant la nuit qui suivit, à Agua Nueva, et reprit quelques jours après la route de San Luis de Potosi.
Pendant cette triste campagne, ses troupes épuisées par des marches interminables, avaient manqué d'approvisionnement et menacé souvent de se débander. L'espoir seul d'un riche butin les avait retenues dans l'obéissance ; il est donc facile de comprendre dans quel état de démoralisation elle arrivèrent à San Luis de Potosi.
\iù MEXIQUE CONTEMPORAIN
Le gouvernement américain espérait que tous ses succès, que n'était venu ternir aucun revers, amèneraient la république mexicaine à traiter de la paix : il renouvela ses propositions, mais elles ne furent pas plus favorablement accueilles que celles tentées précédemment, la guerre devait donc suivre son cours sans espoir de conciliation.
Le général Scott arriva devant Vera Cruz le 7 mars 1847; le débarquement eut lieu le 9. Onze mille hommes furent mis à terre dans la journée. Le général Morales qui commandait à Vera Cruz ne chercha pas à s'y opposer; mais, dès le lendemain, les batteries du fort Saint- Jean d'Ulloa commencèrent un feu assez vif.*
L'armée régulière américaine était partagée en deux divisions que commandaient les généraux Worlh et Twiggs. — Les volontaires formaient une division à part composée de trois brigades.
Le 10, on commençait l'investissement de la place qui se fit sous le feu incessant de ses canons. Cette ligne d'investissement avait une étendue d'environ sept milles anglais.
Le 18, la tranchée est ouverte à 800 mètres des remparts. — La construction des batteries de