‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 56 sur 109 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

(c'était la route nationale) ; la troisième, enfin, touraait par le sud les lacs Chalco et Jochimilco, et pénétrait dans la ville par le sud.

Trois reconnaissances furent dirigées aussitôt pour reconnaître ces différentes voies, et s'assurer des dispositions de défense que l'ennemi avait prises sur chacune d'elles.

La première route était longue et diflScile.

Le passage de la seconde, à l'endroit appelé El Penon, très-fortement défendu par des ouvrages sérieux, ne pouvait être enlevé qu'avec une grande perte d'hommes.

Une troisième reconnaissance fut poussée sur Mexicalcingo. — En masquant El Penon, on pouvait forcer, sans grandes difficultés, le passage du pont de ce village ; mais de l'autre côté du pont, la chaussée fort étroite, était entourée de terrains mous et marécageux. Ces deux voies, par Test, présentaient donc des obstacles dangereux.

Il restait la route du sud, qui tournait les lacs Chalco et Jochimilco. — Une nouvelle reconnaissance s'engagea le 14 sur la route du sud, et découvrit un chemin praticable à Tartilleiie. Par ce chemin, on pouvait éviter le feu des ouvrages qui défendaient Test de la ville.

Ce fut donc ce dernier parti que prit le général Scott, et Tarmée reçut aussitôt Tordre de se mettre en mouvement.

La division du général Worth prit la tête et partit le 15 ; les deux autres divisions des généraux Pillow et Quitman suivirent. Le général Twiggs formait T arrière-garde. Le corps expéditionnaire rencontra, dans le sud du lac Jochimilco, des terrains très- marécageux; la route était en outre coupée par des ravins profonds. La colonne Worth atteignit successivement les fermes de San Gregorio, Santa Cruz et San Augustin (1), où elle arriva le 17, sans avoir été sérieusement inquiétée par l'ennemi, qui engagea, à plusieurs reprises, un feu de tirailleurs, mais ne risqua aucune action importante.

Evidemment les Mexicains, suivant ainsi tous

(l) San Augustin, sur la route d'Acapulco, à 27 railles d'Ayotia (par le chemin de traverse), esi à 9 milles de Mexico.

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les mouvements de l'armée américaine, attendaient le moment favorable de livrer bataille.

Le général Worth s'est porté sur la chaussée de San Antonio. — Cette chaussée est entièrement commandée par les fortifications de San Antonio, et la position ennemie s'appuie à un pedregaU terrain encombré par d'énormes débris de roches volcaniques, qui s'étend à une distance de â ou 5 milles vers l'ouest, jusqu'à la route de San Angel.

Il était évident que l'armée de Santa Anna, dont les détachements envoyés en éclaireurs s'étaient sans cesse dissimulés, avait choisi le point de San Antonio pour s'y établir fortement. Les Américains ne pouvaient songer à une attaque de front dans ces terrains couverts de roches, au milieu desquels tout mouvement d'artillerie est impraticable ; aussi le général Scott se décida à rejoindre la route de San Angel pour tourner cette position formidable.

En effet, Santa Anna, aussitôt qu'il avait eu connaissance de la route suivie par les Américains vers le sud du lac Chalco, était accouru avec la plus grande partie de son armée dans les environs de San Antonio, dont il faisait occuper les retranchements par 3,000 hommes,

Le général Valencia tenait la route de San Angel avec sept mille hommes d'excellentes troupes et vingt-quatre canons, dont une moitié de gros calibre (1).

Santa Anna, avec le gros de ses troupes, qui se composait de 14,000 hommes environ, était àCoyoacan. La réserve avait pris position sur la chaussée San Antonio, à trois quarts de mille en arrière de Churubusco, à une ferme appelée : Portâtes.

(1) « A Churubusco, au delà de San Antonio, dans direction de Mexico, huit canons étaient en batterie à la tôte du pont de Puente del Rosario, sur la rivière de Churubusco ; et à 3 ou ùOO mètres au sudouest du pont, l'église de San Pablo occupée militairement, était couverte par un ouvrage de campagne très-fort. Cet ouvrage commandait également la route de San Angel au nord et vers le sud; un chemin s'embranchait à quelque distance sur une route de travei*se entre San Angel et San Antonio. Le retranchement de San Palbo était arm3 de sept canons. »

{Recherches faites par le dépôt de la guerre sur Vexjfté^ dition du général Scott,)

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Le 18 août, dans la matinée, le général Valencia occupait la colline de Contrera et s'y fortifiait ; cette position faisait face au sentier, seule voie à peu près praticable, par lequel s'avançait le général Scott. — A la gauche du camp mexicain, une batterie enfilait la route qui descendait ffiir Angel.

Le 19, sur Tordre du général Scott, la division Pillow s'engage dans le sentier qui conduit à la route de San Angel, suivie par le général Twiggs, qui s'avance à travers lepedregal pour couvrir ce mouvement. Toutes les dispositions sont prises, et le feu des batteries commence, pendant que les tirailleurs engagent le combat sur les pentes du ravin.

Toute l'armée américaine est en mouvement.

Quatre brigades marchent résolument à travers lepedregal^ faisant face au feu des Mexicains, pendant que d'autres cherchent à tourner la position ennemie. Les troupes qui attaquent

de front, après avoir traversé deux ravins sous le feu le plus meurtrier, arrivent près du hameau de Contrera, sur la colline, et repoussent un corps de cavalerie du général Valencia.

Alors apparaissent des forces considérables d'infanterie et de cavalerie qui viennent de San Angel ; — c'est le corps de réserve (12,000 hommes). La nuit vint surprendre les combattants dans cette situation assez critique pour les Américains qui, de l'autre côté, n'avaient point réussi dans leurs attaques contre les retranchements mexicains.

Le général Smith, qui commande les brigades réunies sur la colline, a donné l'ordre de se mettre en marche pendant la nuit, et à trois heures du matin les troupes commencent leur mouvement au milieu de l'obscurité la plus profonde.

A six heures, elles avaient traversé le ravin, arrivaient à portée du camp ennemi, escaladaient la berge et s'élançaient avec de grands cris vers les retranchements qu'ils enlevaient de haute lutte.

Santa Anna ne croit plus sa position assez sûre, et dirige aussitôt ses troupes sur Churubusco. Le général Scott arrivait en ce moment

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à Coyoacan ; il se lance à la poursuite de Santa Anna en attaquant à la fois Ghurubusco et San Antonio.

Le général Pillow doit tourner ce dernier point, pendant que le général Twiggs attaquera les retranchements de l'église San Pablo ; mais les retranchements de San Antonio sont déjà évacués, et les troupes qui les occupaient trop exposées par la prise de Contrera, se sont retirées sur Ghurubusco. — Une brigade du général Worth atteint la colonne en retraite et lui fait de nombreux prisonniers, puis continue sa marche sur Ghurubusco.

Plus de 25,000 hommes défendent différents points fortifiés ; et de nombreux tirailleurs sont répandus dans les champs autour du village.

De son côté le général Twiggs, chargé, on le sait, d'attaquer les retranchements de l'église San Pablo, est déjà engagé ; il se maintient sous un feu croissant, jusqu'à ce que le général Shields, achevant son mouvement tournant, paraisse enfin au nord, avec ses deux brigades, sur les derrières de Ghurubusco.

De tous les côtés on se bat ; l'attaque et la défense sont opiniâtres. —Pendant deux heures,

les retranchements restent inabordables ; enfin, les Américains enlèvent la tête du pont et entament la gauche des Mexicains. — L'église de San Pablo tient toujours, — le signal de Tassaut est donné, et bientôt les troupes américaines sont en possession de cet important ouvrage.

Encore une fois, Santa Anna voit s'évanouir ses espérances de victoire, et il reprend la route de Mexico avec son armée en désordre.

37 canons de siège et de campagne, un grand nombre de fusils, de chevaux et de mulets, ainsi que d'importants approvisionnements et munitions de guerre, restèrent entre les mains des vainqueurs.

On estime à près de 6,500 hommes la perte des Mexicains, sur lesquels 4,000 tués ou blessés ; 8 généraux furent faits prisonniers. — La perte totale des Américains hors de combat ou disparus était de 1,056 hommes.

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