LIVRE III, CHAPITRE III
qui conduisaient à la chaussée de San Cosme.
Le feu, qui continua toute la journée, fit de grands dommages aux défenses ennemies, et pratiqua même une brèche sur une des faces de l'enclos. A la nuit, la canonnade cessa, et le général Scott, après avoir réuni ses généraux dans un conseil de guerre, ordonna l'assaut de la forteresse pour le lendemain matin.
Le feu devait recommencer au lever du jour et cesser tout à coup, au bout de trois heures, pour faire place aux colonnes d'attaques.
Le feu des Américains fut terrible sur tous les points. Leur tir rectifié avait acquis une trèsgrande précision.
A huit heures, les troupes désignées s*élan cèrent à l'assaut. Quelques-unes devaient gravir une pente très-raide et se trouver entièrement à découvert. Celles-là eurent beaucoup à souffrir, et le général Pillow, qui les commandait, tomba très-grièvement blessé. — Les soldats, animés par le danger, s'excitent les uns les autres dans cette périlleuse ascension et pénètrent de ce côté dans l'ouvrage extérieur. Une lois les différents points de l'enclos occupés, le signal de l'assaut contre la forteresse est donné, et en peu de temps les soldats américains en-
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vahissent les remparts que les assiégés sont impuissants à défendre. Un combat sanglant s'engage alors à l'intérieur; toutefois il ne pouvait être de longue durée. Assaillie de toutes parts, sans secours à attendre, la garnison mit bas les armes, et le général Bravo se rendit prisonnier de guerre.
Pendant ce temps, le général en chef envoysût le général Worth occuper, sur la gauche, l'embranchement de la chaussée de San Cosme, et le général Quitman recevait l'ordre de se placer sur la chaussée de Chapultepec qui conduit directement à Mexico.
Le général Scott se porte ensuite à Chapultepec; son premier soin est de faire renforcer les divisions Worth et Quitman, et de leur envoyer des canons de siège. Aussitôt ces dispositions prises, il se rend de sa personne dans la direction suivie par la colonne Worth.
Le général Quitman s'avance contre la garrita (porte) de Belen. — L'ennemi, trompé par les fausses démonstrations d'attaque ordonnées par le général Scott, ne s'est aperçu que trop tard des projets réels des Américains, et ne peut renforcer par une nouvelle artillerie les points menacés.