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La garrita de Beleo, inopinément assaillie, fait bonne contenance. — Santa Anna, qui apprécie tout le danger de la position, y accourt en toute hâte et soutient le courage des combattants; mais les canons américains ont balayé l'infanterie mexicaine de la chaussée de Piedad, et tournent tous leurs efforts contre la garrita ; des tirailleurs se sont abrités sous les arches de l'aqueduc et font un feu mortel sur les défenseurs, qu'ils déciment. Les servants des pièces, déjà plusieurs fois renouvelés, refusent de rester plus longtemps à un poste où la mort vient les frapper d'une main sûre, et Quitman, s'élançant au pas de course, entre dans la batterie ât la tète de ses troupes.
Pendant que le général américain s'emparait si heureusement de la garrita de Belen, la colonne Worth exécutait aussi son mouvement sur la chaussée de San Cosme.
Après avoir laissé une brigade à Tintersection de la chaussée pour assurer ses derrières, il appuyait sur la droite et suivait la chaussée qu il trouva coupée par un parapet avec embrasures. — Ce parapet n'était éloigné de la garrita San Cosme que de 250 mètres environ. L'attaque de front était très- dangereuse : le général Worth se décide à tournjer la position; il envoie une brigade sur la droite; celleci s'ouvre un passage à travers les maisons à coups de hache et de pioche, pendant que sur la gauche, une autre colonne exécute le même mouvement.
Ce fut vers cinq heures du soir, que ces deux brigades parvinrent à leur destination, et l'attaque contre la garrita San Cosme commença aussitôt.
Les soldats américains occupent toutes les maisons, à droite et à gauche de la route; ils s'élancent aux portes, aux fenêtres, garnissent les toits et commencent une fusillade meurtrière de feux plongeants à laquelle se joignent les boulets et les obus de l'artillerie. Les Mexicains décontenancés lâchent pied dès la première décharge, et une colonne lancée à leur poursuite, s'empare de la porte sans rencontrer
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d'autre opposition. — Les assaillants qu'anime ce succès si rapidement obtenu, poursuivent l'ennemi dans l'intérieur de la ville, et lui font de nombreux prisonniers.
Le général Worth, maître ainsi de la position, établit sa division des deux côtés de la route, et envoie quelques boulets dans la direction du Palais-National pour bien constater sa prise de possession.
Pendant la nuit, des munitions et des renforts sont envoyés aux généraux Quitman et Worth, qui doivent pénétrer le lendemain au centre de la ville.
La double prise des garritas Belen et San Cosme a jeté la frayeur et la démoralisation dans la cité mexicaine. Les habitants sont plongés dans la plus profonde consternation et veulent quitter Mexico qui, demain, sera livrée à toutes les horreurs d'un bombardement et du pillage. L'armée, épuisée par tant de revers et de désastres successifs, n'obéit qu'avec indécision aux ordres de ses chefs. Elle est lasse de se faire tuer ainsi. Santa Anna comprend que toute résistance est inutile, et que s'il veut continuer le combat le lendemain et affronter les chances d'un dernier assaut, il sera abandonné
par ses troupes. Il réunit un dernier conseil de guerre, et expose cette cruelle position.
La ville sera évacuée, et le mouvement de retraite protégé par les ombres de la nuit, commence aussitôt. — C'est un triste spectacle de voir, au milieu des troupes, des caissons et de Tartillerie, se presser les pâles habitants qui ont hâte de fuir la ville assiégée ; la terreur est peinte sur tous les visages, et c'est à grand'peine que les chefs parviennent à maintenir un peu d'ordre au milieu du tumulte général.
Le là, avant le lever du jour, une députation envoyée par Y ayuntamiento demande une entrevue au général Scott, dans le but d'obtenir une capitulation, demande dérisoire dans la position désespérée où se trouve la capitale.
Le général en chef américain refuse ; il n'accepte plus de condition, il en impose. — Les généraux Worth et Quitman reçoivent l'ordre de pénétrer dans la ville.
Déjà la citadelle est occupée militairement, et, à sept heures, le drapeau des États-Unis flotte sur le Palais-National, aux acclamations des troupes américaines rangées en bataille sur la plaza Mayor. — Une heure après, le général
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Scott y arrivait lui-même entouré de son étatmajor.
Les différents corps de Tarmée campés extérieurement reçurent ordre de se diriger sur la ville. Mais pendant plus de vingt-quatre heures, une foule de misérables et de malfaiteurs tirés des prisons par Tordre de Santa Anna, s'embusquaient aux coins des rues ou sur les terrasses de fenêtres et assassinaient traîtreusement les soldats américains. Ces meurtres, qui se renouvelaient souvent, montraient l'esprit d'hostilité et de vengeance qui régnait dans la ville ; le clergé, pendant plusieurs jours refusa d'ouvrir les églises. Mais la discipline sévère ordonnée par le général Scott et des répressions énergiques eurent raison de ces sourdes machinations qui furent bientôt réduites à Timpuissance.
L'armée mexicaine est désorganisée. Santa- Anna s'est dirigé avec les quelques troupes
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qu'il a encore pu réunir sur Puebla, dans le but d'intercepter les communications de^ Américains.
La garnison de Puebla commandée par le colonel Child, n'est que de 1,400 hommes, sur lesquels beaucoup de malades. Le général mexicain Reya et après lui le général Santa Anna essayèrent de s'emparer de cette importante position, dont la perte eût forcé les troupes américaines à de nouvelles opérations militaires, afin d'assurer leurs communications et leurs transports perpétuellement menacés.
Mais les tentatives de ce côté furent vaines et les attaques vigoureusement repoussées.
La guerre pouvait donc été regardée comme entièrement terminée. — Aucun corps d'armée réellement important ne tenait plus la campagne, les guérillas continuèrent seuls à battre la route de Vera Cruz à Mexico et à harceler les convois dans les passes difficiles.
Le gouvernement mexicain, en face des faits accomplis, comprenait enfin qu'il était dans l'impossibilité de soutenir une lutte contre les États-Unis. — Cette guerre désastreuse ne lui avait apporté que des défaites, la république n'avait plus d'armée et plus de foi dans ses gé-
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néraux qu'elle accusait d'incapacité et de faiblesse 5 la paix était le seul refuge.
Santa Anna s'est démis de la présidence, précédant par cet acte la chute certaine de sa popularité ; le général Anagia, un des partisans de la paix, a été investi de la présidence provisoire par le congrès ; des commissaires sont nommés pour reprendre les négociations de paix.
Ces nouvelles négociations durèrent jusqu'au mois de février 18A8, et le 2 de ce mois, le traité de paix fut signé par les commissaires mexicains à Guadalupe Hidalgo.
Les conditions de ce traité portaient qiie la limite entre les États-Unis et le Mexique suivrait au nord le Rio Grande, près la limite méridionale du Nouveau Mexique, jusqu'au Rio Gila et au Rio Colorado; enfin de l'embouchure du Rio Colorado au Pacifique, une ligne parallèle à Téquateur, aboutissant un peu au sud de San Diego. — La navigation du golfe du Mexique, du Rio Colorado et -du Rio Grande était commune aux navires des deux nations.
En compensation de cet abandon de territoire, les États Unis s'engageaient à payer.
!• Au Mexique la somme 16,000,000 dedol-
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krs ; 2"* à satisfaire aux créances des citoyens des États-Unis sur le Mexique jusqu'à concurrence de 3,250,000 dollars.
La ratification du sénat américain arriva le 10 mars 18â8. — Le 30 mai eut lieu Téchange des ratifications, et le 12 juin, le corps d'occupation du général Scott commença à opérer son mouvement de retraite.
Ainsi se termina cette heureuse expédition.
On peut résumer en quelques lignes la marche du corps expéditionnaire américain. — La route qu'il suivit de Vera Cruz à Puebla n'est pas celle que nos troupes doivent prendre ; car, à cette époque, nous l'avons dit, la route par Orizaba n'était point praticable pour une armée. — Mais de Puebla à Mexico, il est probable que les colonnes françaises suivront la même voie, dont les étapes peuvent se tracer ainsi : Puebla, — Passe du Rio Frio, — vallée de Mexico, — Ayota.
Trois routes alors se présentent; le général américain tourne les lacs de Chalco et de Jochimilco pour gagner le sud-ouest de Mexico où les terrains sont plus fermes que ceux du côté est. Il touche Santa Cruz, San Augustin (sur