‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 63 sur 109 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

CHAPITRE r

Le retentissement de ce brillant succès qui donnait aux Etats-Unis d'Amérique un notable accroissement de territoire, fit taire d'abord les appréciations des stratégistes sur les opérations militaires de cette campagne; mais plus tard la critique reprit son rôle et Ton accusa le général W. Scott d'avoir, par ses tâtonnements et par la lenteur de sa marche, per-

mis à la défense un redoutable développement et sacrifié ainsi un bien plus grand nombre d'hommes qu'il n'eût été nécessaire. — Les pertes étaient surtout très-sensibles parmi les officiers.

En effet, si après la déroute complète des Mexicains au Cerro Gordo, le 17 avril, le général américain eût osé profiter de la consternation que cette première victoire avait jetée dans tous les esprits, l'armée de Santa Anna débordée et surtout démoralisée, ne lui eût offert aucune résistance et les Américains, malgré leur petit nombre, fussent entrés dans Mexico presque sans coup férir. — Le séjour du général Scott à Jalapa, où il attendit des renforts avant de continuer sa marche en avant, permit, on l'a vu, à Santa Anna de reconstituer son armée et d'entourer la ville de défenses sérieuses. — Mais il est facile d'être prophète après les événements, et les stratégistes de cabinet oubliaient un peu quelle était la position du général américain qui n'avait alors avec lui qu'un effectif d'hommes très-restreint et manquait de munitions et d'approvisionnements.

Il faut avant tout qu'une armée vive, et quand elle peut ou doit craindre de ne pas

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