‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 65 sur 109 · LIVRE lY, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE lY, CHAPITRE I

Aiista l'emporta sur ses rivaux et prit en main le pouvoir exécutif; il avait été ministre delà guerre sous le président Herrera.

Les troubles et les insurrections ne tardèrent pas à reparaître et à joindre les tristes agitations du désordre intérieur aux inquiétu* des croissantes que donnaient les attaques des peuplades indiennes, dont l'audace dévastatrice s'augmentait de l'impuissance que la république montrait à les combattre. — Le premier signe de l'insurrection fut donné par un chef de guérillas, appelé Carvajal, qui souleva sur le Rio Bravo del Norte tout le pays qui sert de frontière entre le Mexique et les Etats- Unis. Aux bandes de Carvajal vint se joindre cette masse d'aventuriers qui ne vivent que de rapines et de pillages.

Bientôt les révoltés envahirent le Nuevo Léon et l'Etat de Tamaulipas. Les troupes du gouvernement se mirent en campagne, mais l'élan était donné, et semblable à l'orage qui s'amoncelle et gagne incessamment du terrain, l'insurrection s'avançait de plus en plus dans l'intérieur. — Les États de Cinaloa, de Jalisco, et de Vera Cruz sont en pleine révolte et à la suite de diverses pronunciamentos, les autorités réguliè-

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res sont déposées et remplacées par des chefs provisoires, qui prétendent dicter des lois au gouvernement de la république. — L'armée régulière ne pouvait atteindre à la fois tous les points menacés où déjà soulevés; déplus, différents chefs envoyés pour combattre Tinsurrection, se prononçaient selon l'habitude en faveur des révoltés. C'était toujours la même révolution qui faisait son tour du Mexique. — La république recommençait cette éternelle page de sa triste histoire. A toutes ces complications dans l'intérieur de la république, se joigoaleot au dehors des difficultés avec les États-Unis^ la France et l'Angleterre, dont les intérêts étaient à tout instant compromis et outragés dans là personne de leurs nationaux.

Les chambres convoquées extraordinairement le 15 octobre se réunissaient jusqu'au 31 décembre, sans pouvoir apporter un remède à la situation, tant au dedans qu'au dehors.

Le président Arista, effrayé de cet horizon cl)aque jour plus assombri, abdiqua subitement le pouvoir et quitta Mexico la nuit même de son abdication. M. Juan Ceballos fut nommé président pi ovisoire.

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