‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 67 sur 109 · LIVRE rV, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE rV, CHAPITRE I

Le 1" avril, le nouveau dictateur débarquait à Vera Cruz, et le 20, il entrait à Mexico, au milieu des acclamations les plus enthousiastes. — Le général Santa Anna était un homme trop habile, et surtout trop habitué depuis longtemps aux plus hautes positions, dont il avait savouré les délices et épuisé les amertumes, pour ne pas envisager, du premier coup d'œil la gravité de la position. Des demi-mesures n'eussent atteint aucun but; il fallait une réforme radicale. — Le pays était venu le chercher, le moment était donc bien choisi pour trancher dans le vif et imposer ses idées.

Deux jours après, il signalait son arrivée au pouvoir par un acte important, appelé : — « Bases pour Tadministration de la république jusqu'à la promulgation de la constitution, » car il est à remarquer que cette malheureuse république, qui combattait sans cesse pour une constitution, ou même un projet de constitution, les avait tous repoussés et méconnus, et n'était pas encore parvenue à en trouver un digne d'elle. Cet acte, qui était la confirmation de la république unitaire, organisait sur des bases solides le pouvoir exécutif, mettait un terme aux législations séparées des différents Etats, et suppri-

mait aiWsi te 'système fédéral. — La presse n'échappait pas non plus aux projets de réforme, et, le 15 avril, un décret la soumettait au régime le plus sévère. — Le !•' juin, Santa Anna promulguait aussi une nouvelle loi de douane, avec des tarifs uniformes pour toute l'étendue du Mexique, Le 19 septembre, un autre décret rétablissait les Jésuites.

C'était, on le voit, une complète réorganisation. Devait-elle arracher ce pauvre pays à l'état ànairchique dans lequel il languissait, ou bien Santa Anna devait-il y perdre la recrudescence de sa popularité?

Potlr achever cette œuvre, qui au moins avait aux yeux des hommes sérieux le mérite de tenter quelque chose, il fallait une prolongation de dictature ; le 16 décembre, cette dictature était remièe entre ses mains pour tout le temps qu'il le jugerait convenable, avec le titre 4' Altesse Sérénissime. — La fortune souriait plus que jamais à son ancien favori. Santa Anna n'était pas du reste un ambitieux vulgaire : il voulait le pouvoir, mais le pouvoir avec la force et Taùtiorité, et il savait attendre l'heure favorable.

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