‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 69 sur 109 · LIVRE IV, CUAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CUAPITRE

un général (on en trouve toujours un à sa disposition), se prononce contre le gouvernement ou contre un acte quelconque du gouvernement. 11 assemble alors une compagnie, puis plusieurs compagnies, puis un régiment, puis plusieurs régiments, qui s'empressent de prendre parti pour sa cause.

Aussitôt ce chef improvisé rédige en deux ou trois articles le but du mouvement. — C'est le second acte qu'on appelle : grito le cri. — Si le sujet à quelqu'importance, ce cri prend le nom de plan.

Au troisième acte, les insurgés et les partisans du gouvernement sont en présence ; on escarmouche, on se tâte, mais avec la plus grande discrétion et à distance. Pourtant il y a toujours un battant et un battu, pendant ce temps les villes environnantes se sont empressées de prendre parti pour ou contre. — Si le chef de l'insurrection est battu, il se déprononce; s'il est battant, il marche sur Mexico.

Au cinquième et dernier acte, le vainqueur fait son entrée triomphale dans la capitale, aux acclamations enthousiastes de la foule, pendant que le vaincu s'embarque à Vera Cruz ou à Tampico.

Santa Anna se trouvait en face d'une nouvelle révolution, qui devait peu à peu s'étendre dans les États de Michoacan, de Tamaulipas, de San Luis de Potosi, de Nuevo Léon et de Puebla en se rapprochant par degré de la capitale. Le chef de l'insurrection s'appelait le général Alvarez, et jouissait d'une grande influence.— Ce général, habitué de longue main aux révoltes, savait les conduire et les diriger en grossissant, au fur et à mesure de sa marche, le nombre de ses adhérents.

Le dictateur comprit que le péril était grand, il se mit lui-même à la tète des troupes constitutionnelles et passa le mont Pellegrino. Bientôt il pénétra dans l'État de Guerrero ; mais là, il se trouvait au milieu d'un pays sans ressources; les bandes insurrectionnelles interceptaient ses communications avec la capitale.

Alors Santa Anna s'avance en toute hâte jusqu'à Acapulco, mais il est forcé de l'abandonner après quelques engagements peu importants pour rentrer à Mexico où le rappelait la gravité des circonstances ; il laissa le commandement de son armée à ses généraux. — L'insurrection parut un instant s'endormir, mais peu à peu, elle reprit de nouvelles forces

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