LIVRE IV, CHAPITRE I
et l'État d'Acapulco parvint à se soustraire sinon entièrement, du moins en grande partie, à Tautorité centrale.
Cette anarchie qui régnait dans les provinces, devait amener un mouvement réactionnaire qui se manifesta peu après à Mexico contre le pouvoir absolu, dont était investi Santa Anna. Celui-ci s'aperçut de la disposition des esprits et n'attendit pas que le parti des mécontents prît de la consistance pour le mettre à découvert par une de ces manœuvres qui lui étaient familières. Il réunit ses ministres en conseil et leur déclara que la politique qu'il suivait, et les pouvoirs absolus dont il disposait pouvant être la cause des troubles qui avaient éclaté, il était décidé à consulter la nation sur la durée et T étendue de ses pouvoirs.
Un appel au peuple fut donc décrété et deux points furent posés.
« Le président actuel de la république doit-il continuer à exercer le pouvoir suprême avec l'étendue extraordinaire qui lui a été conférée ?
« Dans le cas contraire, à qui remettre la présidence ? »
Pendant ce temps les partisans du dictateur préparaient sa nouvelle élection en faisant son-
ner bien haut le noble désintéressement dont celui-ci faisait preuve. « Santa Anna, 4lsaientils, était le seul homme qui pût dominer la sition. N'était-ce pas lui que la république en péril avait toujours appelé? » — Cette manœu vre réussit parfaitement; les masses suivirent ce courant d'idées ; et il faut avouer qu'elles ne pouvaient guère agir autrement. Santa Anna était un nom, une autorité qui en imposait encore aux ambitions rivales prêtes à se dévorer. Le !•' décembre 1854, la presque unanimité des votes se prononçait pour la continuation de sa dictature. — Son pouvoir acquérait en apparence plus de force, mais la république mexicaine avait dans son sein trop de germes de désordres et trop d'hommes habitués à vivre des tristes fruits de la guerre civile pour que les insurrections ne continuassent pas à agiter les provinces.
Dans les premiers mois de Tannée suivante, le chef de la révolte, Alvarez quittait les déserts