‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 75 sur 109 · LIVRE IV, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE II

quoique absent obtint la majorité. C'était un hommage rendu à son épée victorieuse. Mais Miramon, aussitôt qu'il avait eu connaissance du pronunciamento qui renversait Zuloaga adressait au pays une protestation énergique et refusait d'adhérer à un mouvement qui portait atteinte, selon lui, à la nationalité de la république.

En apprenant son élection comme président provisoire, il arriva à Mexico, en évitant avec soin que son retour dans la capitale donnât lieu à aucune démonstration officielle, et refusant la présidence qui lui était offerte, il n'accepta que le titre qu'il ambitionnait, celui de général en chef de l'armée mexicaine. Maître de l'armée qui lui était dévouée et lui obéissait avec une confiance aveugle, Miramon n'avait-il pas un pouvoir plus grand que celui du président? — Pour bien montrer à tous le respect qu'il portait au chef du pouvoir constitutionnellement élu, il rendit aussitôt un décret qui remettait en vigueur le plan de Tacubaya et replaçait le général Zuloaga à la tête du pouvoir.

A ce moment, le jeune général était l'idole de son parti et sa popularité se doubla de cet acte de désintéressement. Miramon, obéissait

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en cette occasion à l'impulsion d'un cœur honnête ; le serpent de l'ambition n'avait pas encore mordu ce jeune cœur où vivaient les mâles et nobles instincts du soldat. — S'il avait foi dans son étoile militaire, il sentait bien toute son inexpérience politique, il aimait mieux régner par son épée que par cette majorité changeante qui pouvait l'abandonner le lendemain. — S'il devenait président de la république, il ne voulait pas l'être par usurpation et par le fait d'un mouvement illégal.

Le 24 janvier, le général Zuloaga était solennellement réinstallé dans ses fonctions présidentielles ; mais écrasé par la responsabilité cpi pesait sur lui, il abdiquait une semaine après, en faveur du général Miramon. — Le principe de la légalité était sauvé ; Miramon accepta et prit officiellement possession de la présidence.

Juarez refusant, nous l'avons dit, de reconnaître le droit révolutionnaire qui avait élevé au pouvoir le général Zuloaga, avait établi son gouvernement à Vera Cruz. — Les deux partis se trouvaient ainsi en présence, le parti conservateur et le parti démocratique. — Seulement par un singulier abus de langage, les partisans de Juarez s'appelaient les constitu-

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