‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 78 sur 109 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Deux jours auparavant, le général Zuloaga que Miramon avait, on le sait, emmené avec lui à l'armée et qu'il retenait prisonnier, tout en l'entourant d'égards apparents, avait trompé la surveillance dont il était l'objet et tout à coup disparu. -^ De quel côté avait-il dirigé ses pas, dans quel but s'était-il éloigné de l'armée? Nul ne pouvait le dire, mais cet événement in* attendu était de mauvais augure, car Tex-président rendu ainsi à sa liberté d'action, devait s'être réuni de nouveau au parti des mécontents, qui trouverait en lui un chef et un drapeau.

La bataille de Silao fut fatale aux armes de Miramon; écrasé par le nombre, abandonné

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au milieu du combat par une partie de ses troupes composées de recrues, et par conséquent peu aguerries, il n'échappa à la mort que par des prodiges de valeur. — Enveloppé par un gros d'ennemis, il en tua plusieurs de sa main et parvint à se frayer un passage. Le soir il atteignait seul Queretaro, et de là se dirigeait en toute bâte vers Mexico.

Le premier coup de hacbe était porté à la réputation militaire du jeune général, et la défaite de Silao consterna ses partisans, qui semblèrent y lire le pronostic de sa chute. Les mécontents et les incertains s'agitaient. — La fuite de Zuloaga ajouta évidemment à la gravité de la situation. Miramon sentait le sol de sa puissance trembler sous ses pas. Depuis l'épisode de l'emprisonnement de Zuloaga, il ne pouvait se dissimuler qu'il n'exerçait plus légalement, aux yeux du pays, les hautes fonctions dont ce président l'avait investi transitoirement. — Aussi le lendemain de la triste journée de Silao, il mit à exécution le projet qu'il avait déjà conçu quelques jours auparavant, de se démettre du * pouvoir et de se soumettre à une élection. Cette investiture régulière en faisant cesser ce que sa position avait d'anormal, raffermirait son auto-

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