‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 79 sur 109 · LIVRE IV, CHAPITRE UI · texte numérisé non relu

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rite, et lui donnerait pour ainsi dire une nouvelle vie.

En apprenant cette résolution au président de la cour de justice, Miramon le priait de convoquer dans le plus bref délai la junte chargée d'élire un président intérimaire. — Malgré l'échec qu'il venait d'essuyer, c'était encore le seul homme capable de lutter contre les difficultés de la situation, le seul qui pût sauver peut-être la cause des unitaires du naufrage qui menaçait de l'engloutir et démonétiser le gouvernement établi à Vera Cruz.

M. Pacheco, ambassadeur d'Espagne au Mexique, qui venait d'arriver dans la capitale, écrit à ce sujet : « Les notables réunis au nombre de vingt-trois (le nombre total est de vingt-huit), élurent Miramon pour président par intérim par dix-neuf voix contre une, et trois bulletins blancs. » 11 prêta serment et entra immédiatement dans l'exercice de l'autorité suprême.

Le nouveau président forma aussitôt un nouveau ministère. — Si sa position était nette et tranchée , l'état précaire des finances en compliquait chaque jour la gravité; chaque jour ses ressources diminuaient sensiblement

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Le clergé et raristocratie, son pripcipal poini d'appui, ne venaient plus à son aide; une action de guerre éclatante» décisive, pouvfût seule ranimer leur zèle refroidi et relever une cause, qu'une seconde défaite perdrait inévi» tableinent.

Déchiré entre deux partis, le pays en était ré« duit au dernier degré de désorganisation et de misère. Depuis longtemps, il avait perdu toute notion du droit, tout principe du bien ; incapable de subordination, habitué aux agitatiom révolutionnaires, il ne trouvait en lui-même que l'anarchie et le désordre.

Miramon à la tête du parti conservateur, ne rencontrait déjà plus de soutien matériel , nous l'avons dit, ni dans le clergé dont il défendait la cause, ni dans l'aristocratie dont il était le protecteur militant. A toute extrémité, voyant sombrer sa barque par l'épuisement complet de ses ressources, ce général forma la résolution des'eaiparer d'une somme d'argent considérable, un million quatre cent mille piastres, déposée à la légation britannique, pour servir de payement aux détenteurs de bons de la dette extérieure anglaise. C'était entrer en pleine voie de spoliation ; mais Aes Mexicains, même

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les meilleurs, n'y. regardent pas de si près. Il donna ordre au général Marquez, un des plus audacieux et des moins scrupuleux de ses partisans, de se rendre à la légation et de demander àl'agent officiel anglais la remise immédiate de ces fonds, pour pourvoir à la défense de la capitale, en lui offrant toutefois de reconnaître la dette et d'en concerter le mode de remboursement. Sur son refus. Marquez devait employer la force; c'est ce qui arriva: Marquez fit briser par ses soldats le sceau officiel et les coffres de la légation, puis il enleva tout l'argent qui s'y trouvait. — Le représentant anglais, devant cet acte inique de spoliation, se retira à Jalapa.

Cette action entacha fatalement le caractère de Miramon, sans modifier notableuient les embarras de sa situation ; elle retint pour quelque temps encore sa petite armée qui, privée de solde, menaçait de se débander. Mais bientôt cet argent, produit d'un acte coupable qui perdait le président, vint s'engouffrer dans cet abîme de désertion, sans parvenir à le combler.

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En face d'une situation semblable, Miramon, avant déjouer sa dernière partie, proposa tous les moyens de conciliation compatibles avec les principes dont il était à la fois le représentant et le défenseur. U demanda aux ministres européens leur médiation pour le rétablissement de la paix (1). «Je considère, disait-il, de grande utilité et comme véritablement nécessaire leur intervention dans les conférences, pour qu ils essayen-t d'applanir tous les obstacles à la conclusion de ce grand résultat, et je me soumets aux conditions suivantes.

— Première : « Des délégués nommés par les deux partis hostiles conférant avec la médiation de Messieurs les ministres d'Europe et celui des États-Unis, conviendront de la façon de pacifier le pays.

— Seconde : « Ces délégués nommeront la

(1) Dépêche du président Miramon au ministre d'Espagne, 3 octobre, 1860.

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