‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 80 sur 109 · LIVRE lY, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE lY, CHAPITRE III

personne qui doit conserver le gouvernement de toute la république, pendant qu'une assemblée nationale résoudra les questions qui divisent les Mexicains.

— Troisième : « Déterminer également la manière de convoquer le congrès.

« Dieu veuille que cette convention, tentée confidentiellement, obtienne un meilleur résultat que celles tentées jusqu'à présent. »

Mais Juarez, dans son gouvernement de Vera Cruz, maître d'une grande partie du territoire de la république, se sentait trop fort par l'épuisément de son adversaire pour ne pas se montrer intraitable sur le fond même de la question, — Le parti despures, ainsi qu'il s'appelait, voulait triompher intégralement, et non partager la position par des concessions réciproques. Si d'un autre côté, l'ambition de Juarez s'applaudissait des résultais certains qu'il prévoyait dans l'avenir, d'un autre côté, combien il avait fallu peu de temps pour changer la position si fière et si redoutable de son rival. Ce n'était plus Miramon allant mettre le siège devant Vera Cruz et portant sur son front cette noble et ferme empreinte d'une mâle confiance, il ne lui reste plus que la vallée de Mexico et Puebla,

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Car déjà Guadalaxara est tombée aa pouvoir de ses ennemis ; son armée existe à peine , et ce sont maintenant les bandes de Juarez qui Tenserrent et le menacent même jusque dans Mexico.

Marquez, le seul général qui tint encore la campagne au nom de Miramon, a été battu, ses troupes sont dispersées et les fédéraux libres de tout embarras débordent de tous côtés, ne trouvant ni obstacle ni résistance dans leur marche victorieuse. — Voilà pourquoi Juarez n'acceptait aucune transaction.

Miramon ne désespère pourtant pas encore, ou du moins ne veut pas paraître désespérer, pour retenir les lambeaux épars de ses derniers défenseurs. Il lui est impossible de perdre entièrement foi dans son épée si souvent victorieuse, et le 17 novembre il adresse à ses partisans un dernier et suprême appel.

«Des forces nombreuses, leur dit-il, vontse présenter devant Mexico pour l'assiéger, mais dans l'enceinte de la place il y aura une armée qui, en défendant ses principes et ses convictions, a fait des sacrifices héroïques, a souffert la misère avec résignation, et saura répandre tout son sang plutôt que de se déshonorer. De grands

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événements vont avoir lieu, et auront pour témoins les habitants de cette belle ville : sous leurs yeux se fera une rencontre décisive entre les démagogues et l'armée nationale. Qui sera couronné parles lauriers de la victoire? Aujourd'hui, c'est Dieu seul qui lésait. Concitoyens, courage, constance! encore un sacrifice , et espérons un avenir de félicité pour Mexico I »

C'est ainsi qu'il s'efforçait de ranimer les dernières étincelles de cette cause déjà perdue, cherchant à donner à ceux qui l'entouraient l'énergie qu'il avait en lui-même. — Vain espoir! efforts stériles! dernier cri d'unedernière agonie!

Nous ne cachons pas nos sympathies pour ce jeune et brillant général, plein de foi, d'audace, de courage et de mâles instincts ; nous avons suivi avec une pénible anxiété sa lutte inégale contre le flot grossissant de la démagogie que représentait Juarez, l'Indien haineux, vindicatif, et dévoré par les agitations tumultueuses d'une ambition sans bornes. — Pour nous, le parti de Miramon c'est le parti de Tordre, du droit, d'un état social plus régulier, quelqu( s tristes qu'aient été certains faits que lui inspira fatalement une position désespérée.

Nul ne se trompait sur l'issue de cette dernière phase delà lutte. M. deSaligoy, ministre de France, arrivé récemment à Vera Cruz, envisagea tout aussitôt la situation dans sa pénible gravité. — Les vœux de la France entouraient bien plus la cause de Miramon que celle de Juarez ; mais en face d'un état de choses si précaire, notre agent jugea toute r.ouvelle pro* position de médiation inutile, et ne compromit pas sa position dans des efforts désormais sans but.

« La chute de Miramon (écrivait-il à cette époque), peut être considérée comme un fait inévitable, au plus dans quelques semaines.

Mexico et Puebla sont les seuls points importants qui reconnaissent encore son autorité, le reste du pays est au pouvoir des ennemis. Mi* ramon conserve à peine autour de lui quelques mille hommes démoralisés, découragés et diminués chaque jour par la désertion, parce

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