LIVRE V, GUAPlXliS I
sentaient la nécessité d'envoyer des forces régulières contre ces hordes dévastatrices qui menaçaient de plonger de nouveau le Mexique dans une sanglante anarchie, mais il ét^t dû des arriérésde solde aux troupes qui déjà murmuraient hautement. Pour s'assurer leur fidélité douteuse et remplir les caisses vides du Trésor, le gouvernement mexicain se livra plus que jamais à son expédient habituel de réquisitions forcées contre les étrangers, principales victimes de ces mesures arbitraires*
« En attendant l'heure du châtiment (écrivait M. de Saligny, je ne puis que recommander aux sujets de l'Empereur la patience et la résignation (1). » Cette triste situation matérielle et morale débordait évidemment les hommes placés à la tète du pouvoir ; le même caractère d*abus, les mêmes symptômes d'impuissance et de décomposition se révélaient chaque jour davantage. 11 était impossible de prévoir le terme des violences et des tentatives criminelles auxquelles les étrangers étaient à tout instant exposés.
Était-il possible d'accepter plus longtemps
(1) Dépèche du 30 octobre 186].
une semblable situation, qui portait si grave atteinte au caractère sacré des nationalités étrangères? — ^Fallait-il, en abandonnant le pays àluimème, abandonner aussi les intérêts de nos nationaux? Les trois puissances les plus intéressées dans ce triste conflit, négocièrent les conditions d'une intervention commune afin d'obtenir par la force, les justes satisfactions depuis si long* temps demandées, et en attendant que ce traité fût conclu, le contre-amiral Jurien de la Gravière reçut mission de se rendre avec une division navale dans le golfe du Mexique, pour apporter un appui immédiat aux Français établis à Mexico.
Un mois après l'arrivée de la dépêche qui annonçait à notre ministre la résolution du gouvernement de l'Empereur, la convention entre les trois puissances était signée ; — c'était le 30 novembre 1861.
Le livre que nous écrivons n'est pas un plaidoyer en faveur des causes qui ont nécessité l'emploi de la force dans nos désastreuses relations avec le Mexique ; c'est un récit que nous faisons, en nous appuyant sur les documents officiels qui peuvent éclairer la question aux yeux de nos lecteurs. Ces documents, nous ne les em-