‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 91 sur 109 · LIVRE V, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE I

pruntons pas seulement à la France, mais à l'Espagne, mais à T Angleterre, et ce qui prouve leur vérité réciproque, c'est la triste communauté de leurs appréciations et de leurs griefs portant sur les mêmes dommages, sur les mêmes violations des engagements conclus, sur les mêmes attentats contre les personnes et contre les intérêts les plus sacrés. — On avait lieu d'espérer que la république mexicaine, devant ce traité conclu qui envoyait sur ses côtes trois forces navales prêtes à les envahir et à intercepter tout commerce avec l'intérieur, hésiterait à refuser plus longtemps les justes satisfactions qui lui étaient demandées. — Un autre but pouvait aussi être atteint, le seul capable de donner pour l'avenir des garanties de sécurité, c'était de contribuer, par une influence morale sagement combinée, à concilier les différents partis qui depuis si longtemps bouleversaient le sol mexicain, et à établir un gouvernement régulier, stable, véritable expression du vœu libre de la nation, en dehors des questions d'ambition et de rivalité personnelles.

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Quel sera ce gouvernement, — répubHqne ou monarchie? — Le Mexique lui-même doit être le propre juge et le seul instrument de sa renaissance à la vie politique et morale, au sentiment de sa propre dignité ; mais Tesprit humain, quelque aveuglé qu'il puisse être par ses passions, ne peut répudier les leçons du passé; de sages conseils peuvent peut-être encore éclairer cette malheureuse nation, et la dégager de la pression de quelques agitateurs ambitieux.

Nous venons de suivre le triste récit de ses bouleversements successifs, et il est impossible de ne pas en rechercher la cause. — Elle n'est pas seulement dans cette course aventureuse à la présidence qui prenait tantôt le nom d'un homme pour drapeau, tantôt celui d'un principe pour prétexte, — et le principe renversé combattait le principe existant, comme le président dédaigné combattait le président

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