LIVRE I, CHAPITRE IV
Jean d'Ulloa, elle saisit cette occasion de déclarer de nouveau : — « Qu'il n'était pas possible au gouvernement de la reine de détacher une plus grande quantité de troupes pour les opérations à terre, que le nombre des soldats de marine déjàenvoyés sur la côte mexicaine (1) . » On le voit, dès le début, un premier sujet de mécontentement existait déjà entre les trois puissances contractantes. — On ne peut se le dissimuler, si l'union des nations entre elles pour un fait de guerre à accomplir apporte à l'expédition projetée un grand appui moral, elle crée des embarras, des difficultés inévitables. Les intérêts de chacun des partis ne peuvent être les mêmes, leurs vues politiques diffèrent, et quel que soit leur accord commun pour le but à atteindre, des incidents imprévus font naître des dissentiments, des divergences d'opinions forcées qui viennent jeter des obstacles et doubler les difficultés de la situation. — C'est le fait et la conséquence inévitables de toutes les associations qui ont à sauvegarder des intérêts séparés.
(1) Dépêche du comte Russell à Lord Gowley, 20 janvier 1862.
322 MEXIQUE GONTEMPOR'VlN
CHAPITHE 11
Dans les premiers jours de janvier, les plénipotentiaires arrivèrent à Vera Cruz et se réunirent successivement en conférence le 9 le 10 et le 13 janvier, matin et soir. Dans la dernière séance, les nations alliées se firent connaître réciproquement le texte de leurs réclamations. — Au sujet des demandes de la France relatives au contrat Jecker ; des dissentiments s'élevèrent entre les plénipotentiaires et les représentants des puissances, dont quelques-uns prétendaient que cette réclamation empêcherait tout accord possible avec le gouvernement mexicain. La discussion fut longue, embrouillée, et ne terminarien ; chacun se retrancha dans son opinion^ M. Jurien de