LIVRE V, CBAPITRE H
la Grayière et M. de Saligny déclarèrent qu'ils ne pouvaient point changer cet ultimatum, entièrement conforme à leurs instructions et à des réclamations qu'ils croyaient fondées. Il fut donc décidé que le sujet de la discussion se* raît porté à la connaissance des gouvernements respectifs, chargés d'envoyer à ce sujet des instructions spéciales , et qu'une note collective sersdt, en attendant, envoyée au gouvernement mexicain pour demander réparation de tous les griefe et préjudices soufferts, sans y joindre le texte des ultimatum des différents gouvernements.
« Cette note, (est-il dit dans le procès-verbal signé par les ayants droit) , déclarait que la première chose à faire était de procurer à la République lej moyens de se constituer d'une manière stable, et qui la mît dans la possibilité d'accomplir les engagements qu'elle contracterait (1 ). — Elle lut portée à Mexico par trois en-
(i) Note envoyée par les Plénipotentiaires au Président de la république mexicaine*
Les soussignés, représentants de S. M. la Reine de la Grande-Bretagne, de S. M. l'Empereur des Français et de S. M. la Reine d'Espagne, ont l'honneur d'exposer à Votre Excellence qu'ils ont reçu de leurs
voyés, appartenant chacun à une des nations alliées, le brigadier Milans, le capitaine de vaisseau Tuttham, et le capitaine de frégate Tho-
gouvernements respectifs Tordre de lui présenter un ultimatum dans lequel se trouveront exposées leurs justes réclamations.
Des dettes sacrées et déjà reconnues par des traités n'ont pas été acquittées ; la sûreté individuelle de nos compatriotes a été CQmpromise : à un odieux système d'extorsions ont succédé le pillage et le meurtre. Un pareil état de choses devait contraindre les gouvernements alliés à venir demander au Mexique, non-seulement des réparations pour le passé, mais aussi des garanties pour l'avenir; mais les représentants soussignés, investis de la confiance de leurs gouvernements, n'ont pas pensé qu'il leur suffirait d'exposer leurs griefs et d'en exiger la réparation immédiate.
Prenant en considération l'état actuel du Mexique, ils ont cru que leur mission pouvait avoir un but plus élevé et une fin plus généreuse.
Trois grandes nations n'ont pas formé une puissante alliance uniquement pour venger les outrages dont on a pu se rendre coupable vis à vis déciles un peuple soumis lui-même à de cruelles épreuves. Il était plus digne d'elles, en unissant leurs armes, de tendre à ce malheureux peuple une main amie et de chercher à le sauver sans l'humilier. Le Mexique a été en proie à de trop fréquentes convulsions ; il est temps que le désordre et l'anarchie fassent place à un état normal fondé sur Je respect de la loi et des