‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 98 sur 109 · LIVRE Y,' CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE Y,' CHAPITRE II

masset, chef d'état-major de l'escadre française.

C'était là évidemment s'écarter de la marche

droits des étrangers, comme de ceux des citoyens.

Le peuple mexicain a une existence qui lui est propre. Il a son liistoire et sa nationalité. Les trois nations alliées ne peuvent donc être soupçonnées de vouloir porter atteinte à Tindépendance du Mexiqua Le rang qu*elles occupent en Europe, la loyauté dont elles ont toi:gours fait preuve doivent les mettre à Tabrî d'un pareil soupçon. Ce qu'elles voudraient obtenir, c'est qu'un pays aussi richement doué par la Providence que Ta été le Mexique, ne laissât point l'instabilité du pouvoir anéantir tant de dons précieux, et entraîner fatalement la ruine de la république.

Nous venons ici pour être les témoins, et au besoin les protecteurs de la régénération du Mexique. Nous venons assister à son organisation déânitive, sans vouloir intervenir en aucune façon dans la forme de son gouvernement ni de son administration intérieure. C'est au Mexique seul qu'il appartient de juger qu'elles sont les institutions qui lui conviennent, quelles sont celles qui s'accordent le mieux avec ses besoins et avec la civilisation du dix-neuvième siècle.

Nous pouvons montrer au peuple mexicain quelle est la route qui le conduira sûrement à la prospérité. Seul, il doit, sans intervention étrangère et en obéissant à ses propres inspirations, s'engager dans cette route. C'est ainsi qu'il établira, dans un pays si souvent troublé par les révolutions, un ordre de choses

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qui ^vait être suivie. La position des représentants français était critique. Ils n'avaient pas cette prépondérance que donne toujours une plus forte part dans les moyens d'action, car à cette époque les forces à la disposition de Tamiral français étaient, on le sait, trës-minimes; le négociateur espagnol, général Prim, commeudait le principal corps d'armée, et les représentants anglais, opposés à l'ultimatum de la France, étaient donc, par principe, complètement indifférents aux actions militaires qui eussent dû être en ce moment énergiquement entreprises.

Dans cette situation perplexe, MM. Jurien de la Gravière et Dubois de Saligny consentirent à ce terme moyen, en désaccord avec les instructions du gouvernement français si nettes et si précises : ils y furent contraints pour éviter un débat fatal au commencement d'une expédition.

stable et permanent. C'est ainsi qu'il trouvera facile raccomplissement des devoirs internationaux et qu'il pourra faire régner à l'Intérieur l'ordre et la liberté.

Vera Cruz, le i/i janvier 1862.

Signé : C. Lennox Wtke, Hoch Dunlop, E.

Jurien de la Gravière, Dubois deSaligrt, le comte de Reuss.

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— Le» réclamations élevées par les représentants de TAnglelerre et de l'Espagne, au sujet des demandes de la France au gouvernement mexicain,étaient évidemment contraires an sens, comme au principe même de la convention entre les troid puissances, qui ne pouvaient s'arroger le droit d'examiner ou de discuter leurs réclamations respectives. — Les trois cabinets le jugèrent ainsi, et désapprouvèrent cette prétention des représentants espagnols et anglais.

En effet, ce droit étant admis, il eût fallu alors que les trois cabinets, avant de signer les conventions, se missent d'accord sur les demandes qu'ils avaient l'intention d'adresser au gouvernement mexicain. — Quelqu* exagérées que pussent paraître ces demandes, il est indiscutable qu'il appartenait à chaque nation individuellement de maintenir ou de mocjifier les conditions de son ultimatum.

Nous appuyons sur ce point, car cette discussion, et la résolution qu'elle entraîna, amenèrent des lenteurs fatales, qui influèrent sur l'avenir de l'expédition. — Elles eurent pour résultat le traité de la Soledad, véritable cause de la rupture entre les trois puissances. — En outre, cette décision dénaturait complètement la

pensée de rexpédilion; — au lieu d'agir, au lieu d'imposer sa volonté au noui de trois grandes nations, c'était, pour ainsi dire, reconnaître l'existence d*un gouvernement, ennemi qui avait violé toutes ses promesses et s'était rendu coupable des exactions les plus iniques; c'était entrer de nouveau en relations diplomatiques avec celui là même qui les avait volontairement et violemment rompues, preuve de déférence interprétée comme une marque de crainte ou de faiblesse; c'était enfin avertir Juarez du danger qui le menaçait, et lui donner le temps décomprimer davantage encore l'expression du sentiment public par des violences et des proscriptions nouvelles. — C'est ce qu'il fit, et craignant les manifestations opposées, qui ne pouvaient manquer de se produire et de mettre son existence en péril, il chercha à asseoir par la terreur son pouvoir chancelant, déclarant traîtres à la patrie et punis de mort tous les Mexicains qui, en quoi que ce soit, favoriseraient la cause des envahisseurs. — Telle fut la véritable réponse du président de la république mexicaine à la proclamation des représentants des trois puissances alliées.

Les cabinets de Paris, de Londres et d* Espagne

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