CHALEUR DES TROIS ZONES
mation. Ce résultat même serait de beaucoup dépassé, et la richesse trouverait de puissants éléments dans une exportation considérable, si des soins agricoles plus intelligents, la division plus grande de la propriété et les voies de communication venaient offrir leurs secours à l'abondance naturelle du sol.
§ 6. Thermométrie des trois zones horizontales.
L'examen auquel nous venons de nous livrer nous autoriseà dire que rien, sur lesaltitudestropicales, ne peut être comparé aux phénomènes météorologiques du niveau des mers. Lors donc que le voyageur européen arrivera aux plages de Vera-Cruz, il devra compter pour rien la distance qui le sépare de l'ancien monde. Deux kilomètres qu'il va gravir dans le sens vertical feront plus, pour son ravissement et sa stupéfaction, que les 2,000 lieues qu'il vient de parcourir. En cueillant non loin des plages la banane, l'anone, la guayava et les autres fruits des pays torrides, il ne verra pas sans surprise les glaçons suspendus sur sa tête à 4,000 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Ces deux points extrêmes de la glace et de la végétation torride lui donneront d'avance le rêve d'une température intermédiaire vers laquelle l'ascension va le transporter. Mais il ne doit point se livrer à la pensée que le froid produit par l'éloignement du niveau de la mer puisse être en tout comparable, dans ses effets sur les végétaux et sur l'homme, à celui que l'on éprouve en s'éloignant
del'équateur. Nous aurons à nous occuper plus loin de l'influence de cette température exceptionnelle sur la vie de l'homme. Limitons-nous, pour à présent, à en apprécier les degrés divers sur les niveaux variés qui sont habiles au Mexique.
Les mesures thermométriques des localités inférieures sont à peu près ce qu'on les sait être dans les autres pays tropicaux du niveau des mers. La moyenne annuelle est de 26 degrés pour cette zone de la tierra callente. L'hiver y apporte bien souvent, à Vera-Çruz et dans les autres ports du golfe, des troubles considérables, quoique de courte durée. C'est le résultat du souffle impétueux du vent de nord. La pluie qui l'accompagne produit généralement un froid, je ne dirai pas intense, mais trèssensible par le contraste. Cet accident météorologique, trop fréquent, apparaît en octobre et cesse au mois de mars. Cause déplorable de grands malheurs maritimes, il est pour l'étranger et pour l'habitant des hauteurs l'antagoniste de la fièvre jaune dont il chasse les derniers restes en automne. Il livre de nouveau, en s'en allant au printemps, les ports du golfe à ce fléau justement redouté.
La zone de la tierra templada, à 1,200 mètres d'altitude, est gratifiée d'une température plus douce et d'ailleurs admirable par son uniformité. Elle donne une moyenne annuelle de 19 degrés, que des oscillations insignifiantes altèrent rarement de plus de 5 degrés. Ce serait le paradis terrestre de cette contrée si variée, si cette élévation s'étendait en vastes plateaux