EFFETS DES VOYAGES DE MONTAGNES
J° Une diminution considérable dans la pression de l'air;
2° Une diminulion notable des globules ;
3° Une augmentation très-sensible de L'acide carbonique dans le sang.
Mettant de côté, pour le moment, les idées qui se rattachent aux deux dernières causes d'altération, nous constaterons la possibilité de diminuerl'hématose par l'amoindrissement du poids de l'air, et nous en chercherons la réalisation dans ce que nous savons de la vie de l'homme sur les altiludes.
§ 8. Preuves fournies par les voyages sur les montagnes.
Mais nous avons déjà fait observer que la diminution du poids de l'air produit sur l'homme un résultat complexe, en raison de l'intensité variable de son action. Voyons si l'expérience est pleinement d'accord avec ces vues théoriques.
La curiosité banale ou l'amour ardent de la science poussent chaque jour des hommes intrépides jusqu'au sommet des pics qu'autrefois on croyait inaccessibles. D'autre part, le désir de souhigerune santé chancelante fait entreprendre des voyages moins fatigants sur des hauteurs modérées. Les sensations légères ou les angoisses pénibles qui ont accompagné ces explorations delà science et ces émigrations hygiéniques sont bien dignes de notre attention la plus sérieuse. Non moins que le séjour permanent sur les lieux élevés, ces phénomènes étranges con-
8 fi PHYSIOLOGIE ET BAROMETR1E MEDICALE.
Iribueront à éclairer les effets de l'air des montagnes sur l'homme qui le respire.
Voyons d'abord ce qui s'observe sur les promeneurs que le soin de leur santé fixe temporairement dans une contrée montagneuse peu élevée.
Les grandes difficultés qu'avant leur arrivée ils éprouvaient pour se livrer au plus simple exercice font rapidement place à une aptitude satisfaisante pour des excursions prolongées. Les montagnes sont gravies péniblement aux premiers jours; mais bientôt un air réparateur et une respiration plus active réveillent des fonctions auparavant engourdies. L'appétit est meilleur, la digestion est plus prompte, le sommeil dure la nuit entière; on est gai, satisfait, content de soi et de tout le monde ; on a de l'impulsion, de l'activité; on va, on vient, on court, on s'agite; la fibre musculaire se contracte avec vigueur, et le voyageur transformé, après deux semaines de séjour, peut gravir sans fatigue des distances qu'il aurait eu grand'peine à parcourir en plaine avant ce fortuné voyage.
Les couleurs reviennent au visage; la chair est partout raffermie. On retourne à la ville plein de vigueur, et l'on est alors tout surpris, en présence du travail intellectuel dont on avait l'habitude, de se trouver avec une imagination ardente et avec une activité qui défie la fatigue.
Les résultats sont loin d'être aussi flatteurs lorsqu'on les considère sur des voyageurs qui s'élèvent à de grandes altitudes.