‹ Le Mexique et l'Amérique tropicaleChapitre 19 sur 66 · LFFETS DES VOYAGES DE MONTAGNES · texte numérisé non relu

LFFETS DES VOYAGES DE MONTAGNES

iicale trop vite reprise vous les enlèverait à l'instant.

Tel est le mal de montagnes.

Un phénomène singulier le domine souvent. Après une ascension considérable, une forte douleur accompagnée d'inaction s'empare des cuisses et les contraint au repos. L'explication qu'on en adonnée est assez ingénieuse et vaut la peine d'un examen sérieux, ne serait-ce que pour les noms si respectables qui s'y rattachent.

Il est suffisamment démontré, par des expériences sansrépliqueque lajambeetlacuisseselientautronc, non par la force des ligaments et des muscles, mais uniquement par l'application exacte de la tête du fémur à la cavité cotyloïde, application si parfaite et si bien garantie, que le moindre dégagement ne serait possible qu'à la condition de former le vide dans le fond de cette cavité, en soulevant tout le poids correspondant de l'atmosphère. C'est donc incontestable ment une pression pneumatique qui retient le membre dans ses rapports articulaires normaux.

Les auleurs que nous avons mentionnés prétendent que, lorsqu'on s'est élevé sur les hautes montagnes, la pression de l'air faisant défaut, le membre abdominal tend à tomber par son propre poids, et les muscles se voient obligés, pour le retenir, de se livrera un travail qui n'est pas dans leurs habitudes. Quelque séduisante que soit cette interprétation, nous la croyons inexacte. D'abord, il nous semble que, si elle était fondée, à peu près tous les voyageurs devraient réprouver au même titre. Or, aujourd'hui que les

voyages au cratère du Popocalépetl sont fort communs, nous savons, par suite des rapports intimes qui nous lient à un grand nombre de ces voyageurs, la rareté extrême de ce phénomène dans de semblables excursions. Nous avons nous-même monté plusieurs fois assez avant dans la Malinche, pour avoir une expérience personnelle à cet égard et être convaincu que cette douleur et cette fatigue n'atteignent guère que les personnes qui ne sont pas habituées à respirer un air peu dense, ou veulent entreprendre ce genre d'ascension avec une rapidité extrême. Nous sommes donc fondé à penser que ce phénomène se présente lorsque le sang, peu oxygéné, fait diminuer notablement la faculté contractile de la fibre musculaire. Le membre abdominal se refuse alors à remplir ses fonctions normales, et avertit par la douleur que le travail est au-dessus de ses forces. La même chose arriverait aux autres muscles du corps, si l'on exigeait d'eux les efforts exagérés que l'ascension attend des muscles de la cuisse. Si cette explication ne parait pas satisfaisante, force sera d'en chercher une meilleure; car celle qu'on a donnée ne supporte pas un examen sérieux.

Si nous évaluons, en effet, en centimètres carrés la surface au plan d'ouverture de la cavité colyloïde, dont le diamètre est de 54 millimètres, nous trouvons 2-2,89 centimètres carrés qui, multipliés par 1,033 gr., poids équivalant à un centimètre carré de surface, nous donnent 23,645 grammes, pour représenter le poids réel de la colonne d'air qui soutient le membre

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