‹ Le Mexique et l'Amérique tropicaleChapitre 20 sur 66 · NATURE DU MAL DE MOXTAGNES · texte numérisé non relu

NATURE DU MAL DE MOXTAGNES

abdominal dans sa cavité articulaire. Si nous voulons bien nous rappeler que beaucoup de voyageurs ont senti la fatigue musculaire qui nous occupe,, lorsqu'ils avaient à peine franchi un quart de pression atmosphérique, nous remarquerons que ce phénomène s'est présenté lorsque la cuisse était encore soutenue par un poids de 17,73i grammes. Nous ne comprenons pas pourquoi un membre, qui peut bien peser au plus 15 livres, aurait si peu de respect pour les 21 livres d'excédant qu'il entraînerait dans sa chute.

§ 9. Nature du mal de montagnes et parallèle de ce mal avec l'état permanant des habitants des grandes altitudes.

C'est bien là le cas évident d'une inaction musculaire par suite d'une anoxémie générale. Si l'on veut bien remarquer, en effet, que cette affection étrange des altitudes atteint parfois des voyageurs qui n'ont pas dépassé 3,000 mètres, c'est-à-dire dans des localités habitées, où ils pourraient eux-mêmes fixer leur séjour sans inconvénients durables et graves pour leur existence, on ne peut douter que ces troubles ne soient uniquement des phénomènes qui se rattachent au fait même de la transition d'un air dense à une atmosphère extrêmement raréfiée. Il nous sera donc facile de dévoiler la nature de ces troubles, si nous les mettons en rapport avec les mouvements que nous savons s'effectuer dans les gaz et dans les liquides du corps, pendant que l'ascension nous fait

<j-2 PHYSIOLOGIE ET BAUOMÉTRIE MÉDICALE.

passer par des couches d'air progressivement plus légères. Or, nous avons expliqué notre pensée à cet égard assez clairement, pour que nos lecteurs n'hésitent pas à reconnaître que l'homme qui se transporte rapidement sur un point très- élevé se trouve privé d'une certaine quantité de l'oxygène dont il. recevait hahituellement une action stimulante nécessaire au plein exercice de ses forces. Certes, ce qui lui en reste, après son ascension, est encore susceptible d'entretenir la vie et même le jeu régulier des fonctions. Mais l'homme ne saurait supporter sans accidents passagers une soustraction subite qui diminue les ressources auxquelles le système nerveux est dans l'habitude de puiser son influence. La fibre musculaire se refuse aussi à remplir sa tâche au contact d'un oxygène affaibli. On voit alors apparaître ces phénomènes que les hémorrhagies nous ont rendus familiers. Sous l'impression causée par une perte de sang, l'organisme, nous le savons, perd tout à coup une partie importante de son stimulant normal; on a le vertige, les muscles s'affaissent, les nausées surviennent, et le malade est pris de syncope d'autant plus vite que sa position le rapproche davantage de la station verticale. Mais ces symptômes sont à ce point transitoires, que l'homme, momentanément abattu, reprend rapidement ses sens, et ne farde guère à revenir à son état normal, après que l'écoulement de sang a cessé.

Or, si nous comparons les symptômes /le lipothymie qui accompagnent les hémorrhagies avec ceux

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