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NATURE DU MAL DE MONTAGNES

qui constituent le mal de montagne, il nous sera facile d'y découvrir une analogie des plus frappantes : cela ne doit pas nous surprendre. La faiblesse produite par la saignée est évidemment la conséquence d'une privation subite d'oxygène par la perte d'une certaine quantité de globules, demême que le mal de montagnes provient d'une soustraction plus directe du même gaz. De sorte que, n'en doutons pas, une ascension au delà de 3,000 mètres équivaut à une désoxggénation barométrique du sang, comme une saignée en est une désoxygénation globulaire.

Ce serait méconnaître l'importance de celte analogie que de négliger d'en tirer profit pour arriver à la connaissance de l'originalité physiologique des habitants des grandes hauteurs du globe. Dès lors qu'il est rationnel d'admettre l'existence d'un rapport d'égalité entre les symptômes qui accompagnent l'ascension sur les montagnes élevées, et ceux qui suivent une perle de sang, imaginons quel serait l'état permanent d'un sujet qui,ayant été saigné, ne formerait plus de globules, et nous aurons fort approximativement l'idée d'un individu qui, étant monté à une hauteur de 2,500 mètres, y établira définitivement son domicile. Dans le premier cas, le système nerveux, accoutumé avant la saignée à recevoir la stimulation vitale du contact d'un sang fortement globule, s'habituera, après la perte sanguine, à transmettre l'activité sous l'influence d'une excitation moindre. Dans le second cas, l'habitude de vivre sur une grande hauteur opérera la môme transformation du système

nerveux ; mais, après lasaignée, comme sur l'altitude, le sujet constamment affaibli ne jouira plus de la somme de vie qui lui était auparavant naturelle. Des deux parts il sera anémique.

L'étude qui précède nous permet de mettre en parallèle l'action d'un passage temporaire sur les hauteurs avec les résultats d'un séjour définitif. Ce rapprochement est des plus intéressants et des plus instructifs. Il nous conduit, en effet, à l'affirmation que les voyages rapides sur les montagnes réalisent les phénomènes que présente la vie des habitants des hauteurs. Il y a cette différence que, sur les résidents, ces phénomènes à peine apparents ne sont appréciables que d'une manière générale et par l'ensemble, tandis que, sur les voyageurs , l'action est individuellement très-marquée. Chez les premiers, on voit un état physiologique exceptionnel qui est devenu normal ; chez les seconds, on observe les troubles destinés à réaliser brusquement le passage d'une vitalité régulièrement établie à celle que de] nouvelles conditions locales imposent à l'organisme. Les voyageurs sont excités parles hauteurs moyennes, qui ne produisent sur les habitants qu'un effet tonique persistant. Ce qui est de la faiblesse pour les résidents des grandes altitudes, se convertit en symptômes de lipothymie chez le touriste impressionnable.

Ces phénomènes, quelque différents qu'ils paraissent à première vue, sont du même ordre et proviennent de causes identiques. L'étude attentive des uns conduit aisément à la connaissance des autres. Ainsi,

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