‹ Le Mexique et l'Amérique tropicaleChapitre 25 sur 66 · ACCLIMATEMENT DES EUROPÉENS AU MEXIQUE · texte numérisé non relu

ACCLIMATEMENT DES EUROPÉENS AU MEXIQUE

§ 2. Acclimatement des Européens au Mexique.

Les races qui peuplent le Mexique peuvent se réduire à cinq principales : les Indiens ou race indigène, les Européens créoles, les nègres descendants d'anciens esclaves, les métis, les étrangers qui résident clans le pays sans y être nés.

D'après les derniers calculs administratifs, que raisonnablement on peut croire exagérés, la population du Mexique monterait à 8,283,088 habitants, dont les catégories sont ainsi désignées :

Race européenne 1 606 620

Indiens 2 £08 82t

Métis 4 417 644

Total 8 283 088

Le chiffre chargé de représenter la race blanche dépasse évidemment la réalité ; on serait plus près de la vérité, je pense, si l'on admettait :

Blancs 600 000

Indiens et métis 6 400 000

Total 7 000 000 habitants.

Trois siècles et demi n'auraient donc pu réussir à disséminer que 600,000 blancs purs dans ces riches contrées. On ne saurait douter que les douceurs de la température, l'attrait d'un beau ciel, les richesses naturelles de tout genre, n'aient attiré sur les hauteurs du plateau, dès le principe, la grande majorité des émigrants. Ils y ont bâti des villes splendides. Ils ont, à de longues distances, fondé des établissements

agricoles importants; mais, non loin de ces témoignages de leurs efforts, vous ne voyez que le désert ; de belles villes, et tcut autour presque rien pour les annoncer ; de riches haciendas où le bétail, effarouché à votre approche, s'enfuit comme un troupeau de bêtes fauves, et de l'une à l'autre plus de huttes d'Indiens que de villages prospères. On voit partout, côte à côte, l'effort et l'impuissance.

On me dira peut-être que les malheurs ont envahi ce beau pays avec les discordes civiles, et que c'est là la cause d'une décadence que le climat par luimême eût empêchée sans nul doule; c'est une erreur. Quelles que soient les infortunes qui ont leur origine d:\nsles révolutions qui le désolent, ce pays avait prospéré dans ses produits, et c'est seulement dans les cinq ou six dernières années que les révolutions ont pris le caractère sanguinaire qui menace le Mexique d'une ruine complète.

La cause puissante qui de tout temps a mis obstacle aux progrès de la race blanche est bien le climat lui-même, autant celui des grandes hauteurs que celui des localités situées au niveau de la mer, dont la réputation mortifère est démesurément établie. S'exprimer de la sorte, ne pas établir entre les altitudes mexicaines et les côtes une préférence en faveur des localités élevées au point de vue de l'influence sur la race blanche, c'est s'exposer à produire un grand élonnement et à soulever une incrédulité européenne. Gela vient de ce que, en général, on se fait des convictions peu rationnelles sur la salubrité ou

Page 1