ACCLIM. DES EUROPEENS SLR LA ZONE INFERIEURE
juste de mettre en regard, au niveau des mers, l'hygiène la plus imparfaite au point de vue des éléments propres à vicier l'air.
Nous braverons donc l'étonnement que nos paroles pourront produire en manifestant notre conviction que l'acclimatement des Européens n'est pas moins à redouter au Mexique, à deux mille mètres de hauteur, que dans les villes qui sont bâties sur la cote du golfe, et qui ne possèdent pas d'émanations paludéennes.
Mais je ne veux plus prononcer ce mot d'acclimatement sans dire quelle signification je lui donne. Ce n'est pas que je veuille le définir absolument, mais faire comprendre qu'il importe de le considérer dans ses rapports, l°avec l'individu, 2° avec sa race. Je pense faire approuver facilement cette distinction en m'empressant d'affirmer que dans beaucoup de localités torrides, le blanc venu d'Europe se porte bien et parvient sans souffrance à une vieillesse avancée, tandis que ses enfants créoles valent moins que lui, et que ses petits-fils dégénèrent plus sensiblement encore. Au Mexique, sur le littoral du golfe, à Yera- Cruz, à Campêche, à Merida de Yucatan, sauf les atteintes de la fièvre jaune, les étrangers jouissent d'une bonne santé et sont soumis à moins d'accidents que les créoles. Je ne prétends pas dire que les créoles eux-mêmes ne fournissent dans ces localités les meilleurs types de conservation de la race blanche; mais il est à remarquer que sur ce point, on est souvent à côté de la vérité. Quelles que soient, en effet, les
affirmations, de l'orgueil de famille, l'aplatissement de la partie supérieure du crânoj l'élargissement de la face, la saillie des pommettes et d'autres signes extérieurs dévoilent assez les mélanges lointains avec l'Indien-Mayo de cette partie de la Nouvelle-Espagne, quelquefois même avec le sang d'Afrique.
Malgré les sophismes de l'amour-propre s'ingéniant à classer parmi les blancs tout ce qui n'est pas indien ou noir de pure race, en 1848, avant que les guerres eussent dépeuplé ce pays intéressant, on y comptait 600,000 Indiens pour 00,000... qui ne l'étaient pas. Ecrivez 12 ou 15 mille blancs, tout au plus, pour le pays le moins malsain et certainement le plus agréable de tous ceux qui avoisinentle golfe; un pays qui eut, en d'autres temps, indépendamment du climat, ses bonnes raisons pour se peupler d'Européens ; car là s'embarquaient le bois de Campêche, l'indigo, la cochenille, et par là aussi descendait tout le Guatemala, du temps du gouvernement espagnol.
Le bel état de santé et les constitutions robustes que l'on remarque parmi certains blancs de cette contrée permettent, cependant, de penser que l'acclimatement de la race européenne peut arriver à se réaliser dans les pays tropicaux, au niveau des mers, lorsque des conditions spéciales du sol le favorisent. A quelques exceptions près, néanmoins, on peut affirmer que la race blanche n'a pas prospéré dans le Yucatan, à moins qu'on ne la considère à l'état de mélange. Mais j'ai vu les Européens-nés s'y porter et s'y développer mieux que les créoles; j'ai remarqué